Actualisé 22.10.2019 à 18:31

FranceLa candidate fantôme d'une affiche électorale se rebiffe

Tirée d'une banque d'images, la photo d'une Italienne avait été utilisée sur un tract du Rassemblement national. La jeune femme pense porter plainte.

par
lematin.ch
Non, la jeune femme à gauche n'est pas une sympathisante du Rassemblement national. C'est une influenceuse italienne qui ignorait figurer sur cette affiche.

Non, la jeune femme à gauche n'est pas une sympathisante du Rassemblement national. C'est une influenceuse italienne qui ignorait figurer sur cette affiche.

DR

Non seulement sa magouille avait été repérée, mais en plus, aujourd'hui, elle pourrait causer des tracas judiciaires à son auteur. Le 15 octobre, l'affiche électorale de Lucien Terragnolo, candidat du Rassemblement national à Forbach, en Moselle (F) était épinglée par un parti concurrent. La femme qui y figure aux côtés du politicien et de son directeur de campagne n'appartient pas en fait du tout au parti d'extrême-droite. Elle n'habite même pas la commune puisqu'il s'agit d'une photo trouvée sur une banque d'images.

Candidate à Miss Italie

Le candidat avait alors avoué que la militante qui devait poser à ses côtés s'était désistée et qu'il l'avait remplacée par cette photo d'une femme qui lui ressemblait. Pas de chance pour lui, non seulement sa manœuvre a été découverte, mais la personne qui figure sur cette image n'est pas une parfaite inconnue. L'émission de TMC, «Quotidien», l'a identifiée la semaine dernière: il s'agit de Maria Falconieri, candidate à Miss Italie 2011 et en 2015 à l'émission télé «Grande Fratello» (le «Big Brother» italien), influenceuse sur Instagram. Et modèle à ses heures.

La jeune femme explique d'ailleurs aujourd'hui au «Figaro» que cette photo d'elle avait été prise en 2015 pour Minerva Studio, qui fournit une banque d'images italienne. Elle ignorait qu'elle avait été utilisée pour une affiche électorale française. Elle a depuis demandé à son avocat d'enquêter pour voir quelles suites donner à cette affaire, car elle ne veut pas être associée à quelque chose qui ne la concerne pas.

Loin de ses valeurs

Si les photos des banques d'images ne peuvent être utilisées à des fins criminelles ou pornographiques, peut-on pour autant faire passer une personne qui y figure pour quelqu'un d'autre? C'est sans doute ce que devra chercher à savoir l'avocat de la Milanaise: «Nous sommes prêts à engager une procédure contre ce parti pour avoir associé l’image de ma cliente à une campagne politique qui n’a rien à voir avec elle»», explique-t-il au «Figaro». «Madame Falconieri est pour la liberté, l’égalité et la fraternité, des valeurs qui nous semblent, à l’heure actuelle, très loin de ce parti politique associé à Marine Le Pen et à l’extrême droite.»

Michel Pralong

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