Restauration: La carafe valaisanne à 10 francs fait le buzz
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RestaurationLa carafe valaisanne à 10 francs fait le buzz

Payer de l’eau du robinet choque toujours. Nouvel exemple à Martigny. Mais les clients devraient aussi faire un effort.

par
Fabien Feissli

C’est une addition presque comme les autres. Quatre menus du jour, une entrecôte parisienne, des spaghettis à l’arabiatta, un Coca et une carafe d’eau. Mais, en quelques heures, la douloureuse d’un restaurant de Martigny a fait le tour du Web romand. Elle a notamment été partagée plus de 4000 fois sur Facebook par des internautes scandalisés. La raison? Le prix de l’eau du robinet. 10 francs la carafe. «C’est commercialement lamentable, une telle addition, c’est extraterrestre», s’insurge Valérie Muster, juriste de la Fédération romande des consommateurs. Elle précise toutefois que, du moment que le tarif est indiqué sur la carte, cela n’a rien d’illégal.

Secrétaire cantonal de Gastro Valais, Yves Cotter reconnaît que le prix est exagéré. «Commercialement, ce n’est pas ce que je ferais, mais s’il y a une clientèle qui accepte, ils sont libres de faire ce qu’ils veulent», explique-t-il, tout en précisant avoir déjà vu des carafes à 15 francs.

«Ce sont des radins»

S’il trouve le montant excessif, la démarche de faire payer de l’eau du robinet ne choque pas Yves Cotter. «Pendant ce temps, la serveuse ne peut pas faire autre chose. Et il y a le service à table, le nettoyage après», détaille-t-il. Il regrette que les clients ne comprennent pas qu’il s’agit de commerce. «Les gens veulent se faire offrir quelque chose, mais le restaurateur doit gagner de l’argent pour payer ses factures à la fin du mois», constate-t-il.

Pour lui, c’est aussi aux consommateurs de jouer le jeu. «Ce n’est pas avec ce genre de clients qu’un restaurateur peut s’en sortir. La clientèle «carafe d’eau», ce sont des radins», affirme-t-il. Valérie Muster admet, quant à elle, que, si les personnes ne prennent que de l’eau, il est normal qu’elle soit facturée au prix d’une boisson classique, maximum 5 francs. «Le client doit savoir raison garder et comprendre le restaurateur qui fait des bénéfices principalement sur les boissons», analyse la juriste. A l’inverse, si le consommateur a commandé du vin, elle invite à offrir la carafe ou à la faire payer un prix symbolique.

Du côté du restaurant valaisan concerné, la serveuse qui a pris la décision de faire payer l’eau à cette table ne comprend pas la réaction des internautes. «Ils étaient six, ils n’ont pris qu’un Coca. Il faut se mettre à notre place, c’est un service qui doit être rémunéré», se défend-elle. Elle précise d’ailleurs que, si la carafe d’eau est bien indiquée à 10 francs sur la carte, elle est offerte quand les clients consomment des boissons payantes. Chacun va devoir mettre de l’eau dans son vin.

Ce n'est pas la seule à choquer les Suisses

9 FR. 60 MALGRÉ 80 FR. DE VIN Alors qu’il avait bu une bouteille de vin à 80 fr., un client bâlois à tout de même dû débourser près de 30 fr. pour trois carafes d’eau, révélait Blick en 2015.

5 FR. 50 POUR DE L’EAU DE LA FONTAINE A Berne, un restaurateur fait payer 5 fr. 50 pour de l’eau venant directement de la fontaine, expliquait 20 Minuten l’an passé.

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