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SyrieLa «Caravane de la liberté» bloquée en Turquie près de la frontière

Près de 200 militants d'opposition syriens, dont 4 provenaient de Suisse, ont été stoppés à 15km de la frontière syrienne.

Le convoi de la Liberté a été stoppé à 15km de la frontière syrienne.

Le convoi de la Liberté a été stoppé à 15km de la frontière syrienne.

Keystone

La police turque a empêché jeudi un groupe d’environ 200 militants d’opposition syriens, dont quatre personnes venant de Suisse, d’approcher la frontière syrienne. Les militants, qui souhaitent se rendre en Syrie avec de l’aide humanitaire, sont retenus à 15 km du poste de douane.

«Nous ne savons pas si le convoi arrivera à la frontière ou pas», a indiqué une membre de la diaspora syrienne en Suisse qui participe au convoi, Wajd Zimmermann. «Nous sommes arrêtés au bord de la route et nous chantons et faisons des slogans, comme pour une manifestation», poursuit Mme Zimmermann. «On est là pour que les gens de l’intérieur (de la Syrie, NDLR) sachent qu’on est avec eux», indique-t-elle.

Pas de sit-in

Pour l’heure, les militants ne souhaitent pas organiser un sit-in, ce qu’ils voulaient faire en cas de refoulement à la frontière. Le convoi a toutefois l’intention de rencontrer les réfugiés syriens en Turquie, mais ne sait pas si les autorités turquies leur en donneront l’autorisation. Un autre convoi, qui devait partir le même jour de Jordanie, a été annulé en raison du refus des autorités jordaniennes de le laisser passer, selon les militants.

La première «Caravane de la liberté», constituée de cinq bus et d’une quinzaine de voitures a quitté Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, vers 09h30, à destination du poste frontière de Kilis-Öncüpinar, 70 km plus au sud, sur la route de la grande ville syrienne d’Alep. Le convoi a toutefois été bloqué par la police sur une aire de repos à un quinzaine de kilomètres de son but, les autorités turques exigeant qu’une délégation des militants négocie avec la douane syrienne l’autorisation d’entrer en Syrie avant de laisser le groupe approcher de la frontière.

Un second convoi, qui devait entrer jeudi en Syrie depuis Ramtha en Jordanie a lui été «annulé à la dernière minute, parce que les autorités jordaniennes ne l’ont pas autorisé», a indiqué à l’AFP une des organisatrices, Zeyna Adi.

Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants de l’opposition syrienne, a lui exprimé son soutien aux «Caravanes de la liberté».

Appel à la protection des journalistes

Par rapport, la communauté internationale a appelé les autorités syriennes à assurer la protection des journalistes sur son territoire après la mort d'un reporter français, au moment où le régime affiche sa détermination à faire taire, coûte que coûte, la contestation populaire.

Les dirigeants occidentaux dont le président français Nicolas Sarkozy ont demandé que "toute la lumière soit faite" sur les circonstances de la mort mercredi de Gilles Jacquier, travaillant pour la chaîne de télévision France 2. Il se trouvait parmi un groupe de journalistes autorisés à se rendre à Homs, épicentre de la contestation contre le régime.

Deux observateurs se retirent

Deux des quelque 160 observateurs envoyés en Syrie par la Ligue arabe ont quitté leurs fonctions, a indiqué jeudi l'organisation panarabe, imputant ces départs à des raisons personnelles ou de santé. La Ligue a mis en cause les déclarations de l'un d'eux.

«Deux observateurs se sont excusés, un Algérien et un Soudanais», a déclaré le chef des opérations en Syrie Adnan Khodeir à des journalistes, au siège de la Ligue au Caire.

Il a assuré que l'observateur algérien avait quitté ses fonctions «pour raisons de santé», et que son collègue soudanais «rentrait dans son pays pour raisons personnelles».

Un observateur algérien, Anouar Malek, a annoncé mercredi sa démission de l'équipe, après s'être rendu à Homs (centre) et avoir, selon ses déclarations à la chaîne al-Jazira, eu «l'impression de donner (au régime syrien) une plus grande chance de continuer à tuer».

Cet observateur algérien a affirmé jeudi que plusieurs de ses collègues avaient fait de même.

(ats/afp)

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