Euro 2020 - La causerie d’avant-match, c’est toute une histoire
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Euro 2020La causerie d’avant-match, c’est toute une histoire

Didier Deschamps, Joachim Löw, Gareth Southgate, Roberto Martinez et Roberto Mancini ont tous leur manière de motiver leur équipe avant le coup d’envoi.

Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France.

Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France.

AFP

La causerie, arme secrète du sélectionneur? Ce traditionnel discours d’avant-match, émotionnel ou tactique, galvanisant ou tranquillisant, déborde rarement du huis clos d’un vestiaire, mais chaque technicien espère s’en servir au mieux avant les huitièmes de finale de l’Euro qui débutent samedi.

Avec le sélectionneur français Didier Deschamps, la méthode ne varie pas: un discours ni trop long, ni trop vague, prononcé juste avant de partir au stade, en présence de l’ensemble des joueurs, du staff technique et des analystes vidéo prêts à diffuser des images si besoin.

«Je sais que le temps d’écoute en face de moi est limité, donc je ne vais pas au-delà de dix minutes. Mais on peut dire beaucoup de choses en dix minutes...», expliquait début mai à l’AFP le patron de l’équipe de France, en ajoutant: «La causerie ne va pas faire gagner un match. A la limite, elle peut amener à le perdre». L’exercice semble périlleux mais Deschamps, en place depuis 2012, s’appuie sur un fil conducteur qui a fait ses preuves.

«Basique mais efficace»

S’il y a «une trame qui peut se répéter, des mots qui reviennent», une causerie doit être adaptée à chaque match. «Il y a la partie spécifique, tactique, aspects défensifs et offensifs. Après je prends deux ou trois points par rapport au contexte. Ça peut être l’émotion, l’adversaire», énonce le patron des Bleus.

Pour son défenseur Lucas Digne, «c’est souvent basique mais efficace, confiait-il au quotidien «L’Equipe» avant l’Euro. Il va nous rappeler les principes de jeu, la mentalité avec laquelle on doit aborder le match.»

Löw, le show

Joachim Löw, sélectionneur de la Mannschaft.

Joachim Löw, sélectionneur de la Mannschaft.

AFP

Du côté de l’Allemagne, Joachim Löw joue davantage sur la carte de l’émotion, ainsi qu’il l’a lui-même révélé à la veille d’affronter la France (défaite 1-0) mi-juin au début du Championnat d’Europe.

«La causerie de jour de match sera émotionnelle, mais pour donner encore plus de courage et de confiance car on a une équipe de grande qualité», a expliqué le sélectionneur de la Mannschaft, qui dispute son dernier tournoi après 15 ans de mandat.

Le technicien n’attend pas le jour du match pour motiver ses troupes. Il l’a fait par exemple la veille du deuxième match remporté 4-2 contre le Portugal, parlant cinq minutes sans s’arrêter sur le terrain d’entraînement. Du bord de touche, les mots n’étaient pas perceptibles mais le langage corporel, très clair: poing droit dressé, gestes énergiques de la main, regards directs.

«Il nous a chauffés un nouvelle fois et il a dit que nous devions maintenant entrer en mode compétition. Que nous ne sommes pas là pour prendre des vacances ou pour repartir le plus tôt possible. C’est super quand on s’aperçoit que l’entraîneur est lui aussi tout feu, tout flamme et qu’il est chaud comme nous», a commenté le milieu Joshua Kimmich.

«La chaire de poule

Gareth Southgate, entraîneur de l’Angleterre.

Gareth Southgate, entraîneur de l’Angleterre.

AFP

Sous ses dehors proprets et ses manières douces, le sélectionneur anglais Gareth Southgate sait faire des réunions avec ses joueurs des moments qui comptent.

Son discours avant l’Euro, vidéo à l’appui, «c’était quelque chose auquel je ne m’attendais pas. J’en ai eu la chair de poule pendant la vidéo et en l’écoutant», a assuré le défenseur Conor Coady à la radio talkSPORT. «Il a parlé de notre propre héritage et des souvenirs qu’on allait créer pour les gens de ce pays», a raconté le joueur de Wolverhampton.

Martinez, «une éponge»

Roberto Martinez, sélectionneur de la Belgique.

Roberto Martinez, sélectionneur de la Belgique.

AFP

L’exercice semble également bien maîtrisé par Roberto Martinez, le sélectionneur espagnol de la Belgique, à en croire son ancien capitaine à Swansea.

«Sa grande force, ce sont ses discours d’avant-match. Il est très spécifique sur le rôle de chacun. Nous faisions la différence car nous savions ce que nous devions faire», expliquait Gary Caldwell en juin 2018 à «La Dernière Heure». «C’est une éponge. Il a une capacité incroyable à absorber des tonnes d’informations, de faire le tri et ensuite de transmettre un discours simple et efficace».

L’attaquant belge Dries Mertens évoque lui des propos «apaisants»: «Dans la forme, il s’énerve rarement. Il donne beaucoup de confiance aux joueurs. Et nous tentons de lui rendre cette confiance», a-t-il dit à «SudPresse».

Sérénité et confiance

Roberto Mancini, entraîneur de l’Italie.

Roberto Mancini, entraîneur de l’Italie.

AFP

En Italie, Roberto Mancini semble user des mêmes ficelles.

«Sa réussite est d’avoir donné de la sérénité et de la confiance à tous les joueurs, des choses qui avaient manqué. Il a ramené l’enthousiasme et fait sentir l’importance de chaque joueur dans le groupe», a récemment expliqué Andrea Belotti.

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(AFP)

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