Afrique: La Centrafrique a voté dans le calme

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AfriqueLa Centrafrique a voté dans le calme

Malgré des soucis d'organisation, le premier tour de la présidentielle et des législatives centrafricaines s'est bien passé.

Un bureau de vote dans le quartier PK-5 de Bangui, le 30 décembre 2015.

Un bureau de vote dans le quartier PK-5 de Bangui, le 30 décembre 2015.

Reuters

Le premier tour du scrutin présidentiel et législatif en Centrafrique s'est déroulé sans violence mercredi. Le chef militaire de la Mission de l'ONU qui supervisait le vote, le général sénégalais Balla Keita, a déclaré: «on a fait un miracle dans un pays en guerre».

Dans de nombreux bureaux de vote de Bangui, la capitale, les opérations se sont poursuivies au-delà de 16h00, heure prévue de clôture des scrutins, en raison d'un retard à l'ouverture du vote.

Forte participation

«Les bureaux fermeront quand tous les Centrafricains auront voté», a affirmé le chef de la Mission de l'ONU (Minusca), Parfait Onanga-Anyanga. Selon lui, la participation importante et l'absence d'incidents violents sont d'ores et déjà «un succès».

Des résultats provisoires seront dévoilés dans les prochains jours et la Cour constitutionnelle a maintenant 15 jours pour proclamer les résultats définitifs.

Le vote avait déjà débuté avec du retard, notamment dans l'enclave musulmane du PK-5, cible de tirs de roquettes le 13 décembre dernier lors du référendum constitutionnel. Ces tirs, oeuvre d'extrémistes hostiles au processus électoral, avaient fait cinq morts.

«Erreurs matérielles»

Mercredi, le quartier était sous haute protection des Casques bleus et les électeurs, très nombreux, se pressaient pour voter, dans une ambiance animée mais calme. Cette ferveur s'est manifestée dans l'ensemble de la capitale Bangui.

L'Autorité nationale des élections (ANE) a relevé «des erreurs matérielles sur des bulletins dans plusieurs circonscriptions électorales», à Bangui comme en province. «Dans certaines localités, les bulletins pour les élections législatives ne sont pas parvenus dans les bureaux», a indiqué l'ANE dans un communiqué, ce qui devrait entraîner sans doute un certain nombre d'«élections partielles».

L'ANE a annoncé que le vote pour l'élection des députés serait à nouveau organisé dans certains secteurs parce que les bulletins n'avaient pu être livrés. Mais aucune nouvelle date n'a été fixée.

Problèmes à la pelle

Selon des éléments recueillis par l'AFP, les opérations électorales se sont globalement bien déroulées en province, notamment à Bouar, Berbérati, Bossangoa, Bambari ou Ndélé, localités où le référendum avait été perturbé par des hommes armés.

Trente candidats étaient en lice pour la présidentielle mais trois personnalités émergent: deux anciens Premiers ministres, Anicet Georges Dologuélé et Martin Ziguélé, ainsi qu'Abdoul Karim Méckassoua, plusieurs fois ministre.

Les trois rivaux ont minimisé les soucis d'organisation en mettant l'accent sur la mobilisation des électeurs. «Les enjeux de ces élections, c'est la reprise en mains du destin de notre pays. Parce que nous n'avons que des problèmes graves», a déclaré M. Ziguélé.

«En finir avec la souffrance»

Pour Karim Méckassoua, «les enjeux de ces élections, c'est la sécurité et la paix. Il y a de cela quelques jours, on nous tirait dessus», a-t-il dit à la presse au PK-5. «Tout ce que je souhaite, c'est que la désorganisation ne puisse pas entacher la sincérité du résultat».

Anicet Georges Dologuélé a, lui, salué la ferveur des électeurs: «je note un grand engouement. Ce vote est important pour en finir avec la souffrance des Centrafricains».

Les forces internationales (ONU et française Sangaris) étaient mobilisées pour assurer la sécurité du vote, mais aussi des éléments des Forces armées locales (FACA).

Usé par la violence

«Nous sommes venus voter parce que nous voulons être libres de reprendre notre métier. Nous voulons la fin de ce conflit», a déclaré mercredi un homme d'affaires à la sortie des urnes. En septembre, les troubles qui avaient éclaté à Bangui avaient déjà contraint les autorités à retarder le scrutin.

Le pays, majoritairement chrétien, a basculé dans la violence en 2013 après la prise du pouvoir par un groupe de rebelles musulmans, appelé Séléka, qui a renversé le président François Bozizé. Ce coup de force a suscité des représailles des milices chrétiennes.

Désarmement

L'enchaînement des violences a contraint près de 20% des cinq millions de Centrafricains à fuir leur domicile et laissé l'essentiel du nord et de l'est du pays aux mains des groupes musulmans qui refusent d'obéir au gouvernement de transition.

Juste avant les élections, la Centrafrique a approuvé par référendum une nouvelle constitution. Le désarmement des différentes factions, qui n'a pu être mené à bien avant les élections, sera un des grands défis du futur président.

(ats)

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