Voile: «La chance commence enfin à tourner»
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Voile«La chance commence enfin à tourner»

Le skipper genevois Alan Roura vous emmène avec lui pour son deuxième Vendée Globe au travers de sa chronique régulière pour «LeMatin.ch».

par
Alan Roura

Écrire commence à devenir de plus en plus compliqué à bord, car ENFIN ça va vite! Très vite, même! Je ne vais pas m’en plaindre, bien au contraire. J'ai eu encore une bonne phase sans vent il y a deux jours qui ont été de nouveau bien difficiles pour le moral, mais maintenant ça file comme sur des roulettes.

Je vois le speedo (compteur de vitesse) afficher actuellement 24 nœuds, ce qui n’est pas trop mal dans les conditions de vent et de mer actuelles. Je reprends confiance en moi et dans les possibilités qu'il peut y avoir dans cette course. Je garde l’espoir de recoller quelques copains. Actuellement, je suis un des plus rapides de la flotte, ça fait du bien! J’ai plus de vent que d’autres, c’est sûr, mais comme eux avant moi! À mon tour d’avoir un peu de chance pendant que les autres resteront collés! L’espoir fait vivre, non?

J’ai beau me reposer dès que possible, je commence à être bien cramé! Tout ce stress de réussir à m’échapper, à grappiller quelques milles sur les copains de devant, puis en voir revenir par derrière… Ça m'a bien fatigué! Pas d’inquiétude, je n'ai pas encore dit mon dernier mot. La Fabrique se comporte très bien, c'est vraiment une superbe monture. Ce bateau a ses défauts mais qui n'en a pas?

À bord, c’est un peu la routine «Météo, brico, dodo». De temps en temps, un petit film ou de la musique, histoire de se changer les idées car, mine de rien, je commence à compter les jours. Bientôt déjà 40 passés en mer. Ce n'est pas que c’est long, mais on n’en est pas encore à la moitié…

D’autant que l’océan Indien n’est pas encore derrière et me réserve peut-être encore d’autres (mauvaises) surprises. Il va falloir tenir bon encore quelques jours avant de passer à l'étape suivante: le cap Leeuwin, dans environ 5 jours, si tout va bien.

La suite du programme, donc? Foncer, foncer et foncer. Tête baissée, aussi vite que possible, pour sortir du grand Sud et rentrer retrouver mes proches à la maison. J’espère fin janvier. Cela dépendra de la météo. Sachant que je n'ai pas été gâté sur la première partie de course, j'ose croire que la chance va tourner sur la seconde!?

On verra bien, pour le moment je suis toujours en course, en 15e position. Bien loin du Top 10 que j'imaginais peut-être pouvoir intégrer, mais encore une fois, la route est longue, et il faut tenir dans la durée. Rien n’est joué. Les premiers sont loin devant, mais il reste un petit groupe à rattraper, à 1000-1500 milles de moi. C’est faisable. Va pas falloir choquer les voiles.

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