Protection des animaux - La chasse au terrier: une tradition à abolir?
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Protection des animauxLa chasse au terrier: une tradition à abolir?

Chasser le renard ou le blaireau avec des chiens, c’est une pratique de plus en plus contestée, mais un député de Corgémont a pris la défense des chasseurs.

par
Vincent Donzé
À Berne, le métier de la chasse fait l’objet de l’exposition «À l’affût», mais le député Etienne Klopfenstein ne l’a pas encore visitée.

À Berne, le métier de la chasse fait l’objet de l’exposition «À l’affût», mais le député Etienne Klopfenstein ne l’a pas encore visitée.

Alex Ochsner – Musée Alpin

Quand ils mangent les campagnols, les renards sont l’allié d’Etienne Klopfenstein, agriculteur à Corgémont. Mais dans son habit de député bernois, ce paysan s’est fait le porte-parole de chasseurs attachés à une tradition: la chasse au terrier, moins pratiquée depuis qu’une peau de renard ne vaut plus grand-chose. «Il faut maintenir un savoir-faire pour combattre les épizooties à venir, comme la gale ou la rage», dit-il.

Son argument n’a pas convaincu le Grand Conseil bernois, qui a décidé lundi d’interdire la chasse au terrier dans le sillage de la Thurgovie, premier canton à bannir cette pratique qui met le chien face au renard ou au blaireau. «Le combat peut être rude, comme celui d’un loup contre un veau ou un mouton», indique Etienne Klopfenstein.

Bien encadrée

S’il a voté pour le maintien de la chasse au terrier, c’est parce que cette pratique est bien encadrée: «Cette chasse n’est pas inhumaine: le garde-faune doit être averti et la chausse est limitée du 1er septembre au 31 décembre pour épargner les renardeaux», indique Etienne Klopfenstein, qui dit avoir «bonne conscience avec la protection des animaux».

«Il ne s’agit pas d’abattre les renards à tort et là travers», reprend Etienne Klopfenstein, en jugeant «suffisante» la population de renards. Ses arguments n’ont pourtant pas convaincu la majorité des députés.

L’abolition de la chasse au terrier n’est pas que l’affaire de la Protection suisse des animaux (PSA). Dans le canton de Berne, les partisans de cette interdiction se recrutent dans tous les partis. De l’avis du gouvernement bernois, la chasse au terrier «vise à la conservation de la diversité des espèces et celle des biotopes des mammifères et oiseaux indigènes et migrateurs vivant à l’état sauvage» mais aussi à la préservation des espèces animales menacées, la lutte contre les épizooties ou la lutte contre des dommages considérables causés par la faune sauvage.

Autres méthodes

Selon les autorités, «toutes les autres méthodes réputées moins stressantes pour les animaux concernés se sont avérées inefficaces». Las! Envoyer un chien de chasse dans un terrier pour le déloger de force un renard ou un blaireau de manière à l’abattre à sa sortie, ce ne sera plus possible à Corgémont, dans le Jura bernois et dans l’ensemble du canton de Berne.

«Les renards ou blaireaux se retrouvent attaqués dans un lieu où ils se sentent en sécurité, élèvent leurs petits et sont, en principe, à l’abri de leurs prédateurs naturels», ont plaidé les partisans d’une abolition, en disant qu’un combat sous terre entre un chien et sa proie «peut se solder par de graves blessures voire la mort pour les deux animaux». Il arrive également que le chien reste coincé dans le terrier.

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