Actualisé 13.01.2020 à 13:28

BuzzLa Chaux-de-Fonds s'est auto-hackée et trouve ça drôle

Les autorités de la ville se sont expliquées lundi après avoir simulé tout le week-end une attaque de ses sites qui en a trompé plus d'un.

von
Lematin.ch
Théo Huguenin-Elie (PS), Marc Arlettaz (UDC), Théo Bregnard (POP, présid.), Sylvia Morel (PLR), Katia Babey (PS) confirment, lundi matin, que le piratage de tous les canaux de communication de la ville ce week-end était une opération de communication.

Théo Huguenin-Elie (PS), Marc Arlettaz (UDC), Théo Bregnard (POP, présid.), Sylvia Morel (PLR), Katia Babey (PS) confirment, lundi matin, que le piratage de tous les canaux de communication de la ville ce week-end était une opération de communication.

VDé

Tout est rentré dans l'ordre ce matin, mais les autorités de La Chaux-de-Fonds sont fières du coup joué pendant tout un week-end: le site de la Ville et ses profils sur les réseaux sociaux ont affiché une multiplication de contenus incongrus et de fake news, avec une version maquillée de son logo officiel d'une cité momentanément rebaptisée «Le Fond-du-Fonds».

«Un trou paumé, un enfer fiscal, un hiver sans fin... et même pas de lac!»? Ce slogan s'insérait en fait dans une «pièce de théâtre numérique culottée» en trois actes commanditée par la Ville de La Chaux-de-Fonds. Visiblement satisfait, le Conseil communal in corpore s'en est expliqué lundi matin.

Autres actions

L'acte III verra le déploiement d'autres actions, après la diffusion aujourd'hui d'un documentaire parodique sur le faux piratage.

Le documentaire parodique posté sur la page Facebook de la ville qui résume en mode «faux-vrai reportage télé» les événements survenus le week-end dernier.

Celui qui s'est fait le complice du prétendu hacker, c'est l'humoriste Yann Marguet, bien décidé à «aider La Chaux-de-Fonds à résister vaillamment aux railleries de ses fières voisines». Pas question de «laisser les gens continuer à dégommer notre ville sans avoir fait l’effort de la connaître un peu».

Yann Marguet faussement surpris par une fausse vrai caméra cachée confesse avoir été converti par la Tchaux.

Affiches étranges

Yan Marguet s'est prêté au jeu, devenant le complice du troll, dans une vidéo. Il est allé jusqu'à protester ensuite sur les réseaux en prétendant qu'elle avait été volée.

Le message est clair: «Affiches étranges, bannières guerrières, réseaux sous l’eau... Hé oui, ce week-end, vous avez été trollés. J’ai piraté la ville et changé son logo, j’ai auto-hacké ses réseaux sociaux pour donner vie à toute l’absurdité des préjugés et l'injustice de critiques faciles».

Le conseiller communal Théo Huguenin-Elie s'est félicité d'une «fake fake news» tissée selon lui avec de grosses ficelles. «Les fake news deviennent institutionnelles», a argué Théo Huguenin-Elie pour justifier l'emploi d'un ton décalé et «bon enfant».

Facebook et Instagram

Le pseudo-piratage du site internet de la commune de La Chaux-de-Fonds ainsi que ses pages sur Facebook et Instagram n'a pas plu à tout le monde: «Mais quelle bande de comiques, c'est un sketch permanent. La pièce de lundi, c'est la séance du Conseil communal?», se demande un internaute sur Facebook. «Sérieusement... jouer avec les canaux de communication officiels d'une ville, c'est au minimum stupide, voir inconscient.», commente sur Twitter Stéphane Koch, spécialiste des technologies de l'information.

Réaction critique suite Twitter suite à la campagne de La Chaux-de-Fonds, celle de Stephane Koch spécialiste notamment des technologies de l'information.

Après avoir levé le secret sur leur opération, les autorités se sont expliquées tandis que 21 000 cartes postales explicatives étaient expédiées aux citoyens. «Nous voulons casser les clichés et les préjugés qui collent à la Ville comme un sparadrap au pouce du capitaine Haddock», indique le président du Conseil communal, Théo Bregnard.

Théo Bregnard, président du Conseil communal de La Chaux-de-Fonds, sous le feu des questions du Matin.ch.

Esprit combatif

Les élus ont déclamé leur attachement à une ville à l'esprit «combatif, chaleureux, créatif et libre». Une «ville qui ose», mais qui est parfois raillée et décriée. Une cité qui perd ses habitants depuis deux ans, en dépit d'un gros revenu disponible. Pour la conseillère communale Sylvia Morel, il s'agit de «promouvoir la domiciliation».

Avec leurs modestes moyens, les autorités ont choisi comme arme l'humour, «terrain complexe et risqué», selon Théo Bregnard. Mais après le coup d'éclat du week-end, Sylvia Morel promet une communication plus classique pour cette campagne de séduction à 86 000 francs - 4 000 francs pour sa promotion sur les réseaux sociaux - censée faire «beaucoup de bruit à moindre coût», selon son concepteur Gilles Dumont, de l'Agence Creatives.

Vincent Donzé

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