Football: La Chaux-de-Fonds - Zurich: un avenir dans le rétro

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FootballLa Chaux-de-Fonds - Zurich: un avenir dans le rétro

L'affiche de Coupe entre La Chaux-de-Fonds et Zurich ravive la nostalgie. Mais pour le FCC, qui revit depuis quelques années, il s'agit plutôt de bâtir le futur.

par
Simon Meier
L'entraineur Christophe Caschili donne ses dernières consignes avant le 32e de finale de Coupe de Suisse contre le FC Zurich.

L'entraineur Christophe Caschili donne ses dernières consignes avant le 32e de finale de Coupe de Suisse contre le FC Zurich.

Jean-Guy Python

La Coupe de Suisse a beau avoir changé de sponsor titre cet été, on conserve l'assurance d'un joli voyage. Escapade dans le passé en l'occurrence, retour à ces années 1950 et 60 où le FC La Chaux-de-Fonds rivalisait avec les meilleurs, dont le FC Zurich.

Un demi-siècle plus tard, mais dans un décor qui n'a guère changé - le stade de la Charrière -, les deux fleurons se retrouvent ce soir en 32e de finale.

De quoi, forcément, remuer l'estomac des nostalgiques. Une «affiche extraordinaire», dixit le directeur sportif neuchâtelois Pierre-André Lagger, d'autant plus impliqué au club depuis la démission du président Paul Bouverot en juin passé; et en attendant la nomination de son successeur, d'ici à l'assemblée générale du 30 août. Comme quoi, la nostalgie peut vite s'effacer devant les contingences du présent.

Le glorieux passé, l'entraîneur Christophe Caschili l'utilise parfois pour aiguillonner ses joueurs. Des anciennes vedettes du Parc des Sports, comme Marcel Mauron, ont déjà pris la parole devant l'équipe. Celle-ci vient de fêter sa troisième promotion en quatre ans pour retrouver le troisième échelon national. Reste qu'en Coupe, le passé récent n'incite pas le coach français à la rêverie.

«C'est la quatrième année de suite qu'on se tape un gros au 1er tour (ndlr: Servette en 2013, Aarau 2014 et Sion 2015), mais force est de constater qu'on n'a pas réalisé d'exploit, titille-t-il. J'en ai assez d'entendre qu'il faut profiter du moment. Un exploit, ça se provoque. Donc la nostalgie, on s'en fout! Si on aborde ce match en étant nostalgiques, contents d'être là et heureux d'être contents, on n'arrivera à rien.»

Comme ça, le message est clair. Le FCC, rétrogradé en 2e ligue en 2009 après avoir lui aussi «goûté» aux affres du foot-négoce, ne compte pas sur son palmarès un brin poussiéreux pour s'inventer un brillant futur.

«Apporter un deuxième souffle»

«En 2009, on n'avait plus rien, se rappelle Pierre-André Lagger. Depuis, les résultats montrent qu'on a fait juste sur le plan sportif, malgré notre manque de moyens - à part notre gardien (ndlr: Alexandre Martinovic), tous les gars bossent à côté.»

Une réalité que Christophe Caschili veut compenser par davantage d'exigences et de travail. L'entraîneur ne cache pas qu'à terme, il aimerait (ré-)installer La Chaux-de-Fonds un étage au-dessus, en Challenge League. De quoi, peut-être, accélérer la construction de nouveaux vestiaires et gradins à la Charrière? Car pour monter encore, le FCC va devoir grandir.

«Un club qui n'est pas ambitieux cesse d'évoluer, clame Caschili. Mais là, ce serait même dangereux de monter tout de suite. Les infrastructures et l'administratif doivent suivre, il faudra mettre sur pied une politique avec le nouveau président, qui doit nous apporter un deuxième souffle.»

Ainsi va la vie au FCC, avec quelques soucis à régler entre jolis souvenirs et espoirs à venir. Quand on lui demande une estimation sur l'affluence escomptée ce soir à la Charrière, Pierre-André Lagger évoque le train de quelque 750 supporters zurichois. Il oublie de se prononcer sur le nombre de Chaux-de-Fonniers qui prendront le chemin du stade. Parmi eux, il y aura bien quelques centaines de nostalgiques quand même.

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