Littering: La chiclette à 100 balles à Porrentruy
Publié

LitteringLa chiclette à 100 balles à Porrentruy

Le Super Balayeur est une campagne censée faire de Porrentruy une ville propre. Après deux ans d’éducation et d’incitation, place à la répression!

par
Vincent Donzé
Une campagne officielle et répressive à Porrentruy, citoyenne et incitative à Bienne. Ajouter une note sur une partition, c’est mieux que de coller une gomme sur les pavés, non?

Une campagne officielle et répressive à Porrentruy, citoyenne et incitative à Bienne. Ajouter une note sur une partition, c’est mieux que de coller une gomme sur les pavés, non?

Vincent Donzé

Les affiches sont immanquables devant la gare de Porrentruy. Une ville «qu’on veut super-propre», si l’on en croit le slogan de la campagne du Super Balayeur, laquelle entre dans sa troisième année. L’image est marrante, même si le chewing-gum n’est pas forcément identifiable au premier coup d’œil. Mais attention: c’est du sérieux! «La répression est clairement assumée», indique le chancelier François Valley. Cent balles pour une chiclette jetée sur la chaussée, ça fait cher l’amende. C’est pourtant le minimum prévu par le règlement communal sur la gestion des déchets. Mais alors pourquoi pas une démarche de type éducatif? La palme du genre revient à une initiative citoyenne repérée l’an dernier par «Le Matin» dans la vieille ville de Bienne: un slogan bilingue invite à participer à la composition d’une musique en collant son chewing-gum sur une partition. «La prévention? Nous avons déjà donné», rétorque François Valley. En effet, à ses débuts, la campagne bruntrutaine était éducative: «Les enfants ont accompagné les cantonniers et nettoyé des rivières», rapporte le chancelier. L’année suivante, les mêmes ont reçu un réceptacle de poche pour leurs chiclettes. Le même que ceux distribués aux fumeurs pour leurs mégots. Aujourd’hui, non seulement l’amende de 100 francs menace tous ceux qui balancent leur chewing-gum (s’ils sont majeurs), mais Porrentruy veut mettre les bouchées doubles: «Nous voulons simplifier la procédure et renforcer le pouvoir répressif», rapporte le chancelier. Les communes ajoulotes ont rejoint le chef-lieu pour déposer une initiative parlementaire: «Au lieu de dénoncer les contrevenants, les agents devraient pouvoir les amender directement, comme pour un mauvais parcage», rapporte François Valley. Une amende pour du littering: la sanction se généralise un peu partout. Mais des alternatives existent pour la récolte ou le recyclage des chewing-gums. La ville française de Besançon s’est distinguée avec des «attrape-gums» constitués de feuilles amovibles, apposées sur des panneaux et changées par les services municipaux. Les voiries qui ne croient pas au civisme des citoyens peuvent s’équiper de décapeuses à haute pression et à l’eau chaude. L’entreprise Gum Cleaning restitue des trottoirs nettoyés, purifiés et désinfectés. En Angleterre, la société Revolymer a inventé la chiclette biodégradable et détachable.

Votre opinion