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SantéLa Chine attaque la peste à la mort-aux-rats

Après des cas de peste pulmonaire en Mongolie intérieure, Pékin a décidé d'employer la manière forte et a déversé plus de 140'000 tonnes de poison pour dératiser complétement la région.

Les deux patients atteints du bacille pulmonaire ont été transportés à Pékin où ils étaient «dans un état critique».

Les deux patients atteints du bacille pulmonaire ont été transportés à Pékin où ils étaient «dans un état critique».

Keystone

La Chine prend les grands moyens pour éliminer le risque d'épidémie de peste: du poison a été déversé afin d'éliminer rats et puces sur de vastes zones du nord du pays, où un quatrième cas de peste vient d'être signalé.

Le germe de la peste pulmonaire, la plus rare mais la plus virulente des formes de la maladie, a été diagnostiqué courant novembre chez deux patients originaires de la vaste région autonome de Mongolie intérieure (nord).

Un cas de peste bubonique a été diagnostiqué le 16 novembre chez un troisième patient qui a mangé du lièvre dans cette même région, puis chez un quatrième patient, un éleveur, mercredi, ont indiqué les autorités de la localité d'Ulanqab.

En réaction, les autorités chinoises ont annoncé avoir engagé «une action d'extermination des rats et des puces», principaux vecteurs de propagation du bacille. Sur les réseaux sociaux, les responsables du secteur de Xianghuang ont précisé avoir déployé des avions à cet effet. Des photos montrent des fonctionnaires équipés de masques et de blouses blanches.

Impact sur la vie des éleveurs

D'après le quotidien «Global Times», le secteur où le troisième patient a été contaminé a été pulvérisé par pas moins de 17 hélicoptères sur une surface de 133 km2. Plus de 140'000 tonnes de poison ont été déversées.

«Ces mesures auront un impact sur la vie des éleveurs» qui devront enfermer leurs bêtes dans des enclos et les nourrir de foin au lieu de les lâcher dans la prairie, observait mardi le quotidien de langue anglaise.

Les personnes qui ont été en «contact rapproché» avec les victimes ont par ailleurs été mises en quarantaine et sous surveillance médicale. Les deux patients atteints du bacille pulmonaire ont été transportés à Pékin où ils étaient «dans un état critique», ont précisé la semaine dernière les services sanitaires de la capitale. Le troisième malade est dans un «état stable».

Les cas de peste sont rarement signalés en Chine mais en Mongolie (extérieure) voisine, deux personnes en sont mortes au printemps dernier après avoir consommé des rognons de marmotte crus, un mets qui peut véhiculer la bactérie Yersinia pestis, responsable de la peste.

En Chine même, une personne est décédée de la peste bubonique en 2014 dans la province du Gansu (nord-ouest). La victime avait découpé une marmotte, pour nourrir son chien, selon les médias locaux. Des cas de peste pulmonaire mortels avaient été signalés au Tibet en 2009 et 2010.

(AFP)

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