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AsieLa Chine continue de renforcer ses récifs

Le récif de Fiery Cross en Mer de Chine du Sud est fortifié par Pékin en vue de soutenir ses prétentions territoriales sur des îlots disputés.

par
Pascal Schmuck
Zurich
La Chine a nettement renforcé ses capacités sur le récif de Fiery Cross. Les nouvelles infrastructures finies sont en rouge.

La Chine a nettement renforcé ses capacités sur le récif de Fiery Cross. Les nouvelles infrastructures finies sont en rouge.

Keystone

Pendant que les Etats-Unis sont occupés à trouver une solution au dossier nord-coréen, Pékin avance ses pions en Mer de Chine méridionale. De nouvelles infrastructures et du matériel militaire de pointe, comme un radar à haute fréquence, ont été observés sur le récif de Fiery Cross au nord des îles Spratleys, révèle Asia Maritime Transparency Initiative .

Le rapport du Center for Strategic and International Studies, un think thank basé à Washington, souligne que la Chine a construit de nouveaux hangars, des dépôts fortifiés souterrains, des abris à missiles et des emplacements de radar qui s'étendent désormais sur une surface de 28 hectares, comme le montrent des images satellites.

Pékin a également renforcé son emprise sur le récif de Subi, où elle a enterré des dépôts de munitions. Elle a aussi construit des hangars, des abris à missiles et des infrastructures radar. Elle a fait de même sur le récif de Mischief.

Dans les îles Paracels, elle a préparé un hélipad et ajouté des producteurs d'énergie solaire et éolienne sur l'ile de Tree. Deux nouveaux dômes de radar ont aussi été détectés sur l'île du Triton.

Pékin se fait menaçant

Ces révélations interviennent alors que le chef des forces navales chinoises, l'amiral Shen Jinlong, a averti son homologue australien, le vice-amiral Tim Barrett, que les activités de Canberra dans la région «menaçaient la paix et la stabilité» dans une zone qui compte parmi les plus importantes en termes de liaisons maritimes, explique le Sydney Morning Herald.

Outres les îles Spratleys, Pékin revendique les îles Paracels et les îles Pratas ainsi que des récifs et des bancs de sable. Ces territoires, inhabités mais riches en ressources et d'importance stratégique, sont également disputés par Taïwan, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei.

«Certains font du tapage»

Pékin a jugé vendredi «parfaitement normales» ses constructions sur des îles disputées en mer de Chine méridionale et dénoncé le «tapage», après la publication d'images semblant montrer le déploiement d'équipements de défense.

«Il est parfaitement normal que la Chine, sur son propre territoire, mène des opérations pacifiques de construction et déploie des équipements de défense nécessaires», a répondu vendredi Lu Kang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

«Certains font du tapage et cherchent à semer la discorde. Nous pensons qu'ils ont des arrière-pensées», a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse régulière.

La stratégie du chéquier

La publication du rapport intervient alors que les tensions régionales ont nettement baissé ces derniers mois.

Le Vietnam et la Chine ont convenu le mois dernier, durant la visite du président chinois Xi Jinping à Hanoï, d'éviter tout conflit maritime.

Et les Philippines, longtemps vent debout contre les prétentions chinoises, ont adopté un ton conciliant depuis l'arrivée au pouvoir mi-2016 du président Rodrigo Duterte: il a choisi de renforcer ses relations avec Pékin en échange d'investissements massifs.

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