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Relations diplomatiquesLa Chine et Taïwan renouent le dialogue

La Chine et Taïwan ont renoué mardi un dialogue historique entre leurs gouvernements, une première depuis la fin de la guerre civile en 1949.

Poignée de main historique entre Wang Yu-chi (g) et Zhang Zhijun.

Poignée de main historique entre Wang Yu-chi (g) et Zhang Zhijun.

AFP

La rencontre entre la Chine et Taïwan intervient dans un contexte de dégel des tensions et d'espoir d'échanges accrus au-dessus du détroit de Formose.

Wang Yu-chi, l'officiel taïwanais chargé des relations avec la Chine continentale, et son homologue Zhang Zhijun, chef du Bureau chinois des Affaires taïwanaises, se sont salués par leurs titres officiels au début des discussions, a rapporté la télévision de Hong Kong Phoenix.

Evoquant sa rencontre avec Zhang Zhijun, Wang Yu-chi a parlé d'une «occasion inimaginable dans le passé». «Etre en mesure de s'asseoir et de discuter est vraiment une occasion de choix, car les deux parties étaient naguère pratiquement en guerre», a-t-il fait remarquer, cité par Chine nouvelle, l'agence officielle de Pékin.

«Un peu plus d'imagination»

De son côté, Zhang Zhijun a déclaré à son interlocuteur taïwanais que les deux parties devraient avoir «un peu plus d'imagination» concernant l'avenir des relations entre Pékin et l'île nationaliste.

Ces entretiens d'un niveau inédit ont pour cadre hautement symbolique Nankin, ville de l'est de la Chine que le camp nationaliste de Chiang Kaï-chek avait choisie comme capitale. Les pourparlers doivent se tenir jusqu'à vendredi.

La pièce dans laquelle s'est déroulée leur entrevue était décorée de façon neutre, sans drapeau visible, ni titre officiel affiché sur la table des discussions. Cela afin de ménager les sensibilités.

Liberté de la presse

Le diplomate taïwanais avait annoncé en janvier qu'il évoquerait la création de bureaux de liaison, l'intégration économique régionale et l'accès aux soins médicaux des étudiants taïwanais en Chine. La question de la liberté de la presse doit aussi être abordée.

La Chine, elle, vise le retour de Taïwan dans son giron, observe Jia Qingguo, professeur à l'université de Pékin. La Chine «attache probablement plus d'importance à l'accélération de l'intégration économique, en pensant à l'unification politique à plus long terme», estime-t-il.

Percée importante

Cette visite de Wang Yu-chi représente une «percée importante», a estimé mardi Chine nouvelle. Une portée toutefois à relativiser, les experts n'imaginant pas que les dirigeants des deux territoires se rencontrent dans un avenir proche.

Cette première entrevue entre deux officiels gouvernementaux illustre les efforts menés depuis quelques années de part et d'autre du détroit de Formose pour panser les plaies de la guerre civile ayant débouché en 1949 sur une partition de la Chine.

Relations apaisées

Cette année-là, deux millions de Chinois fidèles au chef nationaliste Chiang Kaï-chek, défait par les hommes de Mao, se réfugient sur l'île de Taïwan. Depuis, Pékin et Taipei revendiquent séparément leur pleine autorité sur la Chine.

Pékin considère Taïwan comme lui appartenant et n'a pas renoncé à la réunification, par la force si nécessaire. Mais les relations entre les deux entités se sont apaisées.

Aucune relation diplomatique

Après de timides contacts dans les années 1990, Taïwan et la Chine communiste ont franchi en 2010 une étape décisive sur la voie du dégel en signant un accord-cadre de coopération économique sous l'impulsion du président taïwanais Ma Ying-jeou.

Cet accord, et d'autres gestes d'ouverture comme la reprise des vols aériens directs, n'ont toutefois été négociés que par des organismes semi-officiels. Pékin et Taipei n'ont toujours aucune relation diplomatique.

(ats/afp)

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