Accord sur l’investissement: La Chine négociera «à son rythme» avec l’Union européenne

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Accord sur l’investissementLa Chine négociera «à son rythme» avec l’Union européenne

La Chine semble écarter la perspective d’un compromis avant la fin de l’année avec l’UE concernant la protection mutuelle des investissements.

Les discussions Chine-UE, lancées fin 2013, visent pour les Européens à obtenir que leurs entreprises soient traitées de la même manière en Chine que les entreprises chinoises dans l’Union.

Les discussions Chine-UE, lancées fin 2013, visent pour les Européens à obtenir que leurs entreprises soient traitées de la même manière en Chine que les entreprises chinoises dans l’Union.

AFP

La Chine entend négocier «à son rythme» un important accord sur la protection mutuelle des investissements avec l’Union européenne, a averti Pékin. La Chine semble écarter la perspective d’un compromis avant la fin de l’année.

Le gouvernement chinois avait relancé l’espoir d’un accord la semaine dernière en annonçant que les discussions engagées avec Bruxelles voilà sept ans étaient «dans la dernière ligne droite». Les deux parties s’étaient donné ces derniers mois l’objectif de conclure avant la fin 2020. Mais la perspective d’un rapprochement Chine-UE a été critiquée ces derniers jours, notamment par la France et par la future administration américaine.

Dans un communiqué publié tard jeudi soir, le ministère chinois du Commerce s’est gardé de mentionner la date butoir du 31 décembre et a paru au contraire miser sur une prolongation des discussions. «À la condition de préserver ses intérêts en matière de sécurité et de développement, la Chine mènera les négociations à son rythme et s’efforcera de parvenir à un accord sur l’investissement exhaustif, équilibré et ambitieux avec l’UE», a averti Pékin. «Aboutir à un accord suppose que les deux parties travaillent de concert et fassent chacune un pas vers l’autre», selon le communiqué.

Ouïghours

Dans un entretien accordé mercredi au «Monde», le ministre délégué français au Commerce extérieur, Franck Riester, avait lié l’accord de Paris à la ratification par la Chine de toutes les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), notamment celle qui concerne l’interdiction du travail forcé. Il avait fait le lien avec le cas des Ouïghours, une ethnie musulmane du nord-ouest de la Chine, dont certains membres sont soumis au travail forcé, selon des organisations de défense des droits de l’Homme. Pékin rejette cette accusation.

D’autres critiques de l’accord en négociation ont estimé qu’en se rapprochant de Bruxelles, Pékin tentait d’éloigner l’UE des États-Unis, à quelques semaines de l’arrivée au pouvoir du président Joe Biden, qui ambitionne de ressouder le camp occidental après la présidence Trump. Comme en écho, son futur conseiller à la Sécurité nationale, Jake Sullivan, a plaidé mardi sur Twitter pour des «consultations avec nos partenaires européens sur nos inquiétudes communes concernant les pratiques économiques de la Chine».

Les discussions Chine-UE, lancées fin 2013, visent pour les Européens à obtenir que leurs entreprises soient traitées de la même manière en Chine que les entreprises chinoises dans l’Union. Le traité est censé garantir le respect de la propriété intellectuelle des entreprises européennes, interdire les transferts de technologie forcés et imposer des règles de transparence aux subventions versées aux entreprises publiques chinoises.

(ATS/NXP)

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