Interview: «La cible Genève s'impose logiquement»
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Interview«La cible Genève s'impose logiquement»

Alexandre Vautravers, rédacteur en chef de la «Revue militaire suisse», n'est pas surpris par l'alerte terroriste qui a eu lieu à Genève.

par
Evelyne Emeri
Raphaël Pomey
dr

Les services américains ont donné l'alerte et non les suisses. Est-ce inquiétant?

La loi suisse actuelle n'autorise pas la surveillance des échanges informatiques. Nos services de renseignement sont donc très limités en termes de moyens par rapport à ce qui se fait dans d'autres pays. Il arrive donc, malheureusement, que des services étrangers aient de meilleures informations sur ce qui se passe chez nous.

Est-ce une surprise que Genève se retrouve au cœur d'une traque antiterroriste?

Malheureusement pas. Le phénomène de la radicalisation est déjà suivi et étudié dans le canton. D'autre part, tout groupe terroriste vise à commettre un attentat qui aura un maximum d'effet, tout en demandant un minimum de moyens et de risques. On cherche donc des cibles peu défendues, symboliques, à même d'attirer l'attention des médias. Si vous faites le calcul des cibles potentielles en Suisse, on peut citer les aéroports, les gares, les bâtiments publics et bien sûr les organisations internationales. Genève s'impose donc logiquement.

Etait-ce juste une question de temps avant que la Suisse affronte une menace directe?

On sait qu'il y a des réseaux, des filières, qui passent par notre pays. Le mentor d'un des frères Kouachi, auteurs des attentats de Charlie Hebdo, était Suisse, ne l'oublions pas. Beaucoup d'attentats, que ce soit en France, en Belgique et peut-être en Suisse, ont été avortés ou empêchés. Je ne peux qu'espérer que ces projets puissent être déjoués à temps par nos services de renseignement et nos forces de police.

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