Israël - La coalition anti-Netanyahou fixée sur son sort avant le 14 juin
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IsraëlLa coalition anti-Netanyahou fixée sur son sort avant le 14 juin

En Israël, la coalition censée renverser Benyamin Netanyahou va devoir patienter une semaine pour bénéficier du vote de confiance du Parlement. Le Premier ministre, lui, s’accroche.

Le président du Parlement israélien, Yariv Levin, un proche du Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a annoncé sous les huées des députés qu’il prolongeait jusqu’au lundi 14 juin le délai pour un vote de confiance.

Le président du Parlement israélien, Yariv Levin, un proche du Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a annoncé sous les huées des putés qu’il prolongeait jusqu’au lundi 14 juin le délai pour un vote de confiance.

AFP

Le Parlement israélien a ouvert la voie à de possibles rebondissements en se donnant, lundi, jusqu’à sept jours pour organiser un décisif vote de confiance au nouveau gouvernement, qui pourrait évincer du pouvoir Benyamin Netanyahou après douze ans à la tête du pays.

Ce vote est la dernière étape avant l’installation au pouvoir de la coalition hétéroclite formée in extremis, le 2 juin, par le chef de l’opposition Yaïr Lapid avec deux partis de gauche, deux du centre, trois de droite, dont Yamina (radicale nationaliste), et la formation arabe israélienne Raam (islamiste).

Sous les huées des parlementaires

Dans l’intervalle de sept jours, long en politique israélienne, tout est encore possible, Benyamin Netanyahou, chef du parti de droite Likoud, étant déterminé à se battre jusqu’au bout. D’ailleurs, les membres du nouveau gouvernement espéraient en finir avec ce vote dès ce mercredi.

Mais le président de la Knesset, le Parlement israélien, Yariv Levin, un proche du Premier ministre, a annoncé sous les huées des parlementaires qu’il utiliserait les sept jours requis par la loi, soit «jusqu’au lundi 14 juin», pour organiser cette consultation formelle, sans donner de date précise.

Ne pas jouer la montre

Dimanche, le futur Premier ministre, le chef de Yamina Naftali Bennett, a appelé Yariv Levin à ne pas jouer la montre. «Nous savons que Netanyahou met la pression pour retarder ce vote, afin de tenter de trouver des déserteurs, mais vous devez agir pour le bien de l’Etat, pas pour celui de Netanyahou», a plaidé Naftali Bennett dans une allocution solennelle, appelant le Premier ministre sortant, son ex-mentor, à cesser de pratiquer la politique de «la terre brûlée».

La nouvelle coalition, censée mettre un terme à plus de deux ans de crise politique marquée par quatre élections législatives, a été formée pour évincer Benyamin Netanyahou, Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël, avec 15 ans au total au pouvoir (1996-1999 et de 2009 jusqu’à présent).

«Confiance, décence, bonne volonté»

«Il n’y a jamais de 100% en politique israélienne, mais ce gouvernement a les plus grandes chances de voir le jour», a déclaré le centriste Yaïr Lapid, juste avant l’annonce du chef du Parlement. «Ce gouvernement sera formé. Et ce sera un gouvernement de qualité et durable, parce qu’il se fonde sur des éléments positifs: la confiance, la décence et la bonne volonté.» En vertu d’un accord de rotation, Naftali Bennett dirigera en premier le gouvernement jusqu’en 2023, avant de céder la place à Yaïr Lapid jusqu’en 2025.

Inculpé pour corruption dans plusieurs affaires, Benyamin Netanyahou (71 ans), a de son côté multiplié les mises en garde et les formules de dénigrement contre la nouvelle équipe, jusqu’à en inquiéter les services de sécurité locaux. Lundi, il a de nouveau qualifié sur Twitter de «gouvernement de gauche dangereux» la nouvelle équipe.

Crainte de violences

Aux cris de «traîtres», ses partisans ont multiplié les menaces en ligne ou lors de rassemblements devant les domiciles des dirigeants de la nouvelle coalition. Un climat qui «rappelle les jours ayant précédé la mort de Yitzhak Rabin», relève le quotidien le plus lu du pays, «Yediot Aharonot», en référence à l’assassinat du premier ministre travailliste israélien, en 1995, par un extrémiste juif, à la suite des accords d’Oslo sur une autonomie palestinienne.

Nadav Argaman, le patron du Shin Beth, le service de sécurité intérieure, a d’ailleurs mis en garde les responsables politiques contre «une augmentation des discours incitant à la violence, notamment sur les réseaux sociaux». Des discours, selon lui, qui peuvent être «compris par certaines personnes ou certains groupes comme un permis pour commettre des violences» pouvant aller jusqu’à entraîner des «blessures mortelles».

Le Hamas menace

Un événement plus qu’un autre faisait redouter une flambée de violence et de possibles retournements politiques: la controversée «Marche des drapeaux», initialement prévue jeudi, à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël, à l’appel de figures de l’extrême droite. Mais la manifestation a finalement été annulée après le refus de la police d’approuver son tracé. Néanmoins, certains députés, dont May Golan (Likoud), ont annoncé qu’ils marcheraient quand même jeudi.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a, lui, menacé d’une nouvelle escalade si la marche était maintenue. «Nous espérons que la journée de jeudi ne devienne pas» un nouveau 10 mai, a lancé un ténor du Hamas, Khalil al-Hayya, en référence au début de l’escalade entre le Hamas et Israël, qui a mené à une guerre de 11 jours.

(AFP)

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