Terrorisme: La Colombienne pourrait être expulsée
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TerrorismeLa Colombienne pourrait être expulsée

Fedpol souhaite expulser la jeune femme arrêtée en novembre en Suisse dans le cadre d'une opération anti-terroriste.

DR/photo d'illustration

La Colombienne de 23 ans arrêtée en novembre dans le cadre d'une vaste opération antiterroriste franco-suisse pourrait être expulsée de Suisse. Fedpol a rendu en début de semaine une décision en ce sens. La défense a annoncé vouloir faire recours.

La jeune femme avait été arrêtée le 7 novembre en Suisse simultanément à plusieurs interpellations en France parmi lesquelles se trouvait son mari, un Suisse de 27 ans. La Colombienne est accusée d'avoir violé la loi fédérale interdisant les groupes Al-Qaïda et Etat islamique et d'avoir soutenu une organisation criminelle.

Placée en détention préventive pour trois mois, elle aurait dû être remise en liberté mardi. Mais il n'en a rien été. Motif: la police fédérale a ordonné l'expulsion de la Colombienne, a indiqué mercredi Anne-Florence Débois, porte-parole de fedpol, confirmant une information de 24 heures et de la Tribune de Genève.

«Fedpol est tout à fait habilité à titre préventif à prendre des mesures administratives parallèlement à la procédure pénale», précise-t-elle. La police fédérale est d'avis que cette personne représente un danger pour la sécurité intérieure de la Suisse. Fedpol est en étroit contact avec le Ministère public de la Confédération (MPC) afin de coordonner les démarches en matière de mesures de police administrative avec celles que peut encore nécessiter la procédure pénale.

Recours de la défense

La jeune femme se trouve donc toujours en détention, dans l'attente de la décision du Tribunal des mesures de contrainte du canton de Vaud. Celui-ci doit dans le courant de la semaine confirmer ou non la détention en vue de l'expulsion.

L'avocat de la Colombienne, Nicolas Bornand, n'entend pas en rester là: «Nous allons nous opposer à cette nouvelle mise en détention», a-t-il annoncé dans les deux journaux lémaniques. Surtout que le dossier de sa cliente s'avère selon lui très mince et que fedpol aurait dû attendre la conclusion de l'enquête pénale.

Les voies de droit prévues dans le cas présent sont cependant particulières. Comme il s'agit de la sécurité intérieure, elles passent par des instances politiques et non judiciaires. En première instance, le recours doit être adressé au Département fédéral de justice et police et en deuxième instance au Conseil fédéral.

Interrogé sur un éventuel effet suspensif, fedpol répond qu'une «expulsion peut entrer en vigueur immédiatement, même si les voies de recours ne sont pas épuisées». La Colombienne, mère de deux enfants en bas âge, pourrait donc être expulsée sitôt que le Tribunal des mesures de contrainte a rendu sa décision. Fedpol a fait une pesée d'intérêt en tenant compte de la situation personnelle de la femme.

Discussion interceptée

L'opération menée conjointement en France et en Suisse en novembre dernier reposait sur l'interception d'une discussion sur la messagerie cryptée Telegram, prisée des djihadistes. Les propos échangés révélaient des projets d'action violente. Aucun ne concernait la Suisse, avait assuré à l'époque le MPC.

Au total, dix personnes, âgées de 18 à 65 ans, avaient été arrêtées. En France, huit hommes ont été inculpés. L'opération antiterroriste en France s'était déroulée dans les Alpes-Maritimes et en région parisienne. Côté suisse, plusieurs perquisitions avaient été menées dans les cantons de Vaud et de Neuchâtel.

(ats)

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