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TélécommunicationsLa ComCom regrette l'échec de la fusion Orange-Sunrise

Le président de la Commission fédérale de la communication, Marc Furrer, juge que les deux opérateurs auraient opposé au leader Swisscom une concurrence plus vive que jamais.

La fusion Orange-Sunrise avait échoué au printemps 2010.

La fusion Orange-Sunrise avait échoué au printemps 2010.

Keystone

La Commission fédérale de la communication (ComCom) regrette l'échec de la fusion entre Orange et Sunrise.

Rien qu'au niveau des parts de marché, particulièrement dans la téléphonie mobile, on peut se demander s'il est extrêmement raisonnable d'avoir un opérateur avec une part de 16,6% et un autre avec 21,5%, a souligné Marc Furrer mardi lors d'un colloque à Zurich. Swisscom en détient 62%.

Marc Furrer pense que la question d'un regroupement entre Sunrise et Orange reviendra sur le tapis à un moment ou à un autre. «Mais pour l'heure ce n'est pas d'actualité car la COMCO ne reviendra probablement pas maintenant sur sa décision.» De plus, il faudrait qu'une nouvelle démarche émerge de la part des deux sociétés.

Pas d'actualité

Et cela ne semble pas être en vue pour l'instant: aucune discussion n'a lieu actuellement au sujet d'un nouveau projet de fusion, a dit Michael Burkhardt, porte-parole de Sunrise.

La Commission de la concurrence (COMCO) avait interdit un tel rapprochement au printemps 2010. Elle avait estimé que cette opération aurait été «un cas d'école de position dominante collective», créant avec Swisscom un duopole n'étant confronté à aucune incitation à se faire concurrence.

Philipp Metzger, directeur suppléant de l'Office fédéral de la communication (OFCOM), a lui aussi mis en garde mardi contre un nouvel accroissement marqué des parts de marché de Swisscom. «Si cela continue, ses concurrents vont finir par s'essouffler. Nous aurons alors un problème en matière d'innovation, de concurrence sur le plan des infrastructures, et également au niveau des prix.»

Reste que Swisscom affiche justement son intention de se concentrer sur le marché suisse, après les nombreux échecs essuyés à l'étranger. «Le temps des investissements à l'étranger est révolu», a dit son patron Carsten Schloter à Zurich.

Seul l'espace européen entrerait en ligne de compte de façon réaliste pour des acquisitions. Mais ce dernier est dans une phase de consolidation, raison pour laquelle une expansion à l'étranger est illusoire, a dit Carsten Schloter.

Sauf Liechtenstein

Une expansion vers les marchés émergents, par exemple en Asie, n'est pas non plus au programme, notamment pour des raisons de ressources humaines. Un manager désireux de mettre à profit son expérience asiatique ne viendra pas chez Swisscom, note son patron.

Le groupe prévoit désormais de se consacrer au marché domestique en Suisse, et en Italie avec sa filiale Fastweb, a dit Carsten Schloter, qui estime que celle-ci est en bonne voie.

A noter toutefois qu'au-delà de ces déclarations, Swisscom a justement signalé cet automne son intérêt à acquérir 75% de la société Telecom Liechtenstein et a signé une déclaration d'intention avec la Principauté. Un contrat devait être bouclé d'ici fin 2012 en cas d'accord sur le prix.

Mardi, Carsten Schloter a indiqué qu'une décision à ce sujet devrait tomber au premier trimestre 2013. Mais une telle transaction n'a d'intérêt que si elle permet de nombreuses synergies avec les affaires en Suisse, a-t-il ajouté.

Au sujet de l'évolution des emplois, le patron de Swisscom a expliqué que les effectifs sont réduits dans certains secteurs mais etoffés dans d'autres. Et de «parier» que le nombre de postes en Suisse sera plus élevé fin 2013 que fin 2012, ajoutant qu'il n'exclut pas des acquisitions.

(ats)

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