15.08.2020 à 19:36

MotocyclismeLa «Commedia dell’arte», sauce bolognaise

Ducati représente la passion absolue d’une région italienne qui a toujours vibré au son des sports mécaniques. Mais c’est aussi un joli théâtre où la réalité peut dépasser la fiction.

par
Jean-Claude Schertenleib
Paddock

Paddock

Ducati fait l’unanimité

Qu’ils soient pilotes d’hier ou d’aujourd’hui, passionnés de toujours, ils sont unanimes: Ducati est synonyme de passion totale, d’inventivité, de volonté permanente d’explorer de nouvelles voies. Un caractère personnifié essentiellement par un homme, Gigi Dall’Igna qui, avec ses ingénieurs, est un faiseur de modes, un créateur de tendances. On avait eu droit aux premières ailettes sur la bulle du carénage, puis à cette drôle de fourchette installée devant la roue arrière. Enfin, il y a, depuis l’an dernier, le système de départ, qui permet d’abaisser l’arrière de la moto pour augmenter la traction, système désormais utilisé également en sorties de virages. Une invention que tous, désormais, étudient. Mais l’unanimité ne se fait pas uniquement dans le domaine du génie technologique, elle est aussi totale lorsqu’on se penche sur les rapports qui existent entre les patrons de Borgo Panigale et leurs pilotes: «C’est vrai que c’est parfois particulier», disait l’autre jour Valentino Rossi, qui a
connu la maison. Le divorce, annoncé samedi matin, avec Andrea Dovizioso, ne surprend donc qu’à moitié. Et les bouches de se délier...

L’incompréhension de Stoner

Champion du monde en 2007 avec la Desmosedici et jouissant d’une belle retraite en Australie, Casey Stoner a été le premier à s’exprimer, via les réseaux sociaux: «Chez Ducati, ils devront une fois se rendre compte que c’est le pilote qui fait la différence, pas les souffleries. Je ne comprends pas comment on peut laisser partir un pilote comme Dovizioso.» Compatriote de Stoner, Jack Miller, qui a signé le deuxième chrono des qualifications et dont on sait qu’il rejoindra l’an prochain le team officiel de la marque italienne, a bien appris l’art du parler correct. Quand on lui a demandé qui il prendrait à ses côtés l’an prochain s’il était à la place de Gigi Dall’Igna, Miller a été parfait: «Je ne suis pas Gigi. Mon métier, c’est autre chose... et c’est tant mieux!» Avant de souffler, néanmoins, que son équipier dans le team Pramac depuis deux ans , Francesco «Pecco» Bagnaia (blessé depuis Brno), serait une solution logique au regard de son potentiel, de sa jeunesse et de sa nationalité.

Casey Stoner ne comprend pas le choix de Ducati de laisser filer Andrea Dovizioso.

Casey Stoner ne comprend pas le choix de Ducati de laisser filer Andrea Dovizioso.

KEYSTONE

Dovizioso s’est libéré d’un poids

En annonçant sa décision, Andrea Dovizioso s’est libéré d’un poids important: «Nous sommes des êtres humains. Il est certain que les discussions de ces dernières semaines ont agi sur mon psychisme», avouait-il jeudi. Ce samedi matin, l’annonce rendue publique, on a retrouvé un Dovizioso souriant comme on ne l’avait plus vu depuis la reprise du championnat. Précisions de Simone Batistella, son manager, qui a annoncé la décision de son pilote aux patrons de Ducati samedi matin: «Nous avons beaucoup parlé ces derniers jours et Andrea a pris sa décision. C’est une saison très importante pour lui, un moment clé avec ces deux courses en Autriche et il voulait pouvoir se concentrer uniquement sur son travail de pilote.» Que va-t-il se passer en 2021? «Pour le moment, nous n’avons pas d’options», répond le manager. Ce qui, bien sûr, n’est pas vrai... Dans le groupe Piaggio, propriétaire entre autres de la marque Aprilia, on est déjà en train de faire ses comptes...

Andrea Dovizioso a mis fin à des semaines d’incertitude sur son avenir.

Andrea Dovizioso a mis fin à des semaines d’incertitude sur son avenir.

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Lüthi: le début de quelque chose

Ce n’est encore «qu’une» place en troisième ligne (9e chrono, comme lors du GP d’Andalousie), mais au niveau de l’écart (238 millièmes) et du rythme, il est certain que Thomas Lüthi et son équipe sont sur la bonne voie: «La progression est bien là, la tendance très positive, mais il y a encore du boulot, même si l’écart en temps est minime. J’espère que nous allons encore trouver de petites choses lors du warm-up de dimanche matin», explique le Bernois.

Thomas Lüthi est sur la bonne voie.

Thomas Lüthi est sur la bonne voie.

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Aegerter continue de faire le boulot

Finalement 24e en Moto2, Dominique Aegerter continue de faire le boulot. Pour sa deuxième course avec la NTS – il sera encore en piste dans une semaine, pour le GP de Styrie sur le même circuit – il a battu de 5 dixièmes le pilote titulaire de l’équipe, Bo Bendsneyder: «Le but était de continuer à diminuer l’écart, c’est réussi. J’ai amélioré mes chronos du vendredi aussi bien lors de la troisième séance d’essais libres que lors des qualifications. Dans notre catégorie, tout le monde se tient de très près, la moindre erreur peut provoquer de grandes différences dans le classement. Je suis loin sur la grille, mais dans une course de 25 tours, beaucoup de choses peuvent se passer. Mon but? Le top 15, pour marquer au moins un point.»

Pour sa deuxième course avec la NTS, Dominique Aegerter a battu de 5 dixièmes le pilote titulaire de l’équipe, Bo Bendsneyder.

Pour sa deuxième course avec la NTS, Dominique Aegerter a battu de 5 dixièmes le pilote titulaire de l’équipe, Bo Bendsneyder.

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