Actualisé 22.12.2017 à 07:05

LoiLa commerçante peut ouvrir mais pas vendre…

Installée comme traiteur à la Halle de Rive à Genève depuis 43 ans, Marie Magne aura son étal ouvert dimanche 24 décembre, mais n’aura pas le droit de vendre de marchandises.

par
Valérie Duby
Marie Magne (à g.), responsable chez Magne Traiteur, et Dominique Ryser, propriétaire de la fromagerie Bruand, doivent se battre pour travailler le 24 décembre.

Marie Magne (à g.), responsable chez Magne Traiteur, et Dominique Ryser, propriétaire de la fromagerie Bruand, doivent se battre pour travailler le 24 décembre.

Christian Bonzon

Installée comme traiteur à la Halle de Rive à Genève depuis 43 ans, Marie Magne aura son étal ouvert dimanche 24 décembre comme les autres commerçants du lieu, ainsi que l’a révélé «Le Matin» dans son édition de mercredi. Seule différence et non des moindres, contrairement à ce qu’elle pensait, Marie Magne n’aura pas le droit de vendre de marchandises.

«Je serai là. Mais uniquement pour que les clients puissent venir retirer leur commande. Une centaine environ», explique la commerçante genevoise. «C’est juste pathétique», estime celle qui n’a été avertie que mercredi par le service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir (PCTN). En réalité, seul le frère de Marie, Yves Magne, qui occupe une «fonction à haute responsabilité» dans l’entreprise familiale, pourrait venir vendre de la marchandise. Mais lui est chef de cuisine. «Il n’est pas à la vente puisque c’est moi qui le fais depuis plus de 40 ans à Rive», poursuit Marie Magne qui ne prendra pas le risque de vendre quoi que ce soit le 24 décembre. On imagine bien que des contrôles vont être organisés. Comme cela avait été le cas le lundi 24 décembre 2007, la dernière fois que les commerçants de la Halle de Rive ont pu travailler un dimanche.

Même situation – ou presque – à la grande boucherie du Molard où la clientèle pourra pénétrer dans l’enseigne uniquement pour retirer sa dinde ou son chapon et sur présentation du bon de commande. «Je regrette évidemment de ne pas pouvoir ouvrir ce jour-là mais la solution trouvée est à peu près satisfaisante», estime pour sa part Serge Belime, directeur de la Grande Boucherie du Molard.

Marie Magne se demande vraiment «où l’on va». «La loi sur les heures d'ouverture des magasins date de 1968. Il serait peut-être temps qu’on la change plutôt que les gens aillent faire leurs courses en France voisine!» Et s’interroger sur le fait que les commerces à Genève pourront ouvrir le 31 décembre, un dimanche aussi, de surcroît jour férié à Genève, en employant du personnel sans autorisation. La réponse nous vient d’Emmanuelle Lo Verso, porte-parole du Département de la sécurité et de l’économie: «La loi prévoit que, le 31 décembre, les commerces peuvent ouvrir jusqu’à 17 h et employer du personnel sans autorisation du moment que lui sont accordées des compensations prévues par les usages de leur secteur d’activité.»

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