Aides: La communauté internationale attend le gouvernement au Liban
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AidesLa communauté internationale attend le gouvernement au Liban

Les dirigeants libanais ne parviennent pas à créer un gouvernement, l’une des conditions pour une aide internationale massive pour le pays, en crise.

Le président français Emmanuel Macron s’est félicité mercredi de l’action d’urgence, soulignant que les promesses des donateurs du 9 août aient «été tenues et même dépassées».

Le président français Emmanuel Macron s’est félicité mercredi de l’action d’urgence, soulignant que les promesses des donateurs du 9 août aient «été tenues et même dépassées».

AFP

Le président français Emmanuel Macron et les représentants de la communauté internationale ont renouvelé mercredi leur volonté d’aider le Liban en crise. Ils ont aussi constaté le défaut des conditions d’une aide massive et structurelle, dont la création d’un gouvernement.

Lors de la deuxième conférence internationale d’aide d’urgence pour le pays, quatre mois après l’explosion du port de Beyrouth, alors que le pays est à genoux et que ses dirigeants ne parviennent pas à former un gouvernement, les dirigeants ont insisté sur l’importance d’aller au-delà des seules aides d’urgence qu’ils fournissent pour l’instant.

«Ce soutien ne saurait remplacer l’engagement des forces politiques libanaises à former le plus rapidement possible un gouvernement et mettre en œuvre la feuille de route de réformes sans laquelle l’aide structurelle internationale ne pourrait être déclenchée. Nous ne lâcherons rien ni sur nos promesses ni sur nos exigences, que ce soit sur les réformes ou sur l’enquête sur l’explosion», a déclaré le président français en ouvrant la visioconférence, co-présidée avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Le Liban est englué depuis plus d’un an dans une profonde crise économique, sociale et politique. En plus d’une dépréciation historique de sa monnaie et d’une hyperinflation, le pays est toujours sans gouvernement plus de trois mois après la démission du Premier ministre, Hassan Diab.

Prêts à aider plus

«Malheureusement, malgré nos multiples actions au niveau technique sur des sujets variés au cours des quatre derniers mois, et en l’absence d’un gouvernement investi, nous n’avons pas beaucoup avancé dans la préparation d’une stabilisation complète et d’un programme de réformes», a regretté la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva, soulignant l’importance notamment de remettre sur pied le système bancaire.

«La Banque mondiale est prête à aider les Libanais en soutenant les transferts de devises et d’autres programmes d’aide sociale, selon son président, David Malpass. En attendant, Emmanuel Macron s’est félicité de l’action d’urgence, soulignant que les promesses des donateurs du 9 août aient «été tenues et même dépassées: plus de 280 millions d’euros ont été décaissés, ce qui a permis de faire face à une partie importante des besoins immédiats».

Notamment «12’500 tonnes de farine ont été distribuées, soit 80% des stocks détruits, 73’000 personnes ont reçu une aide pécuniaire, une vingtaine d’équipes médicales mobiles ont été déployées, 25’000 personnes ont bénéficié d’un abri, 90 écoles ont reçu des fournitures. C’est beaucoup mais ça ne suffit pas», a poursuivi le président français.

«Dépression délibérée»

La Banque Mondiale, l’ONU et l’UE ont acté la mise en place d’un fonds pour le relèvement précoce du pays, avec la participation de la société civile, sollicitée pour contourner les acteurs institutionnels locaux, décrédibilisés aux yeux de la communauté internationale, notamment en raison de l’importante corruption.

Dans un rapport accablant, la Banque mondiale a parlé d’une «dépression délibérée» au Liban, dénonçant l’incapacité des dirigeants à s’entendre sur «une action politique efficace». Le PIB devrait reculer de 19,2% cette année après une contraction de 6,7% en 2019.

Depuis le Liban, le président Michel Aoun a déclaré pour sa part que «former un gouvernement est une priorité», afin de lancer des réformes structurelles et reconstruire Beyrouth. «Votre aide est cruciale pour la population», a-t-il dit aux donateurs.

(ATS/NXP)

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