Tunisie: La communauté internationale promet des milliards
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TunisieLa communauté internationale promet des milliards

Tunis accueille une conférence internationale pour stimuler l'investissement étranger.

Le premier ministre français Manuel Valls et l'émir du Qatar Hamad al Sani, lors de la conférence Tunisie 2020 à Tunis, le 29 novembre 2016.

Le premier ministre français Manuel Valls et l'émir du Qatar Hamad al Sani, lors de la conférence Tunisie 2020 à Tunis, le 29 novembre 2016.

AFP

Le Qatar a promis une aide de 1,2 milliard d'euros (environ 1,3 milliard de francs) à la Tunisie mardi au premier jour d'une conférence internationale sur l'investissement dans le pays nord-africain. Ce don, annoncé par l'émir Tamim ben Hamad al Sani, est le plus important jamais offert par un pays à la Tunisie depuis la chute du dictateur Zine Ben Ali en janvier 2011.

Le fonds de développement de l'Arabie saoudite s'est engagé, de son côté, à fournir au pays l'équivalent de 756 millions d'euros de dons et prêts à taux réduit. La Banque européenne d'investissement (BEI) a, elle, offert de prêter 2,5 milliards d'euros à Tunis d'ici 2020.

La conférence de Tunis s'achèvera mercredi. Elle a attiré les représentants d'une quarantaine de pays. La Suisse y est représentée par l'ancien conseiller fédéral bernois Samuel Schmid. L'ancien politicien UDC (70 ans) préside le groupe d'amitié Suisse-Tunisie, créé en février 2016.

Période «très particulière»

A Tunis, Samuel Schmid doit saluer les avancées réalisées par la Tunisie ces dernières années, avait indiqué lundi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). L'ex-conseiller fédéral devait par ailleurs, au nom de la Suisse, encourager les autorités locales à poursuivre les réformes utiles afin de promouvoir les investissements étrangers dans le pays.

La Tunisie espère inverser la baisse continue des investissements étrangers depuis la «révolution du jasmin». La transition démocratique est louée par la communauté internationale, mais les attentats islamistes et les conflits sociaux affectent fortement le tourisme et l'investissement. Et le chômage reste élevé, en particulier chez les jeunes.

«La Tunisie traverse une période très particulière qui nécessite un niveau de soutien, dont nous n'aurions pas besoin en temps normal», a déclaré le président Beji Caïd Essebsi lors de la réunion. L'émir du Qatar a déclaré que cette conférence «Tunisia 2020» permettait de «soutenir une expérience prometteuse et (d')éviter le pire».

Loi sur l'investissement

La Tunisie a déjà engrangé par le passé d'autres promesses de dons ou de prêts avantageux. Mais celles-ci ne se sont pas toujours concrétisées selon Tunis, qui peine à obtenir des investissements économiques à long terme.

Le Premier ministre Youssef Chahed espère qu'une loi sur l'investissement approuvée en septembre dernier contribuera à attirer des capitaux étrangers dans le pays. Cette loi réduit les obstacles bureaucratiques à l'investissement, limite les impôts sur le bénéfice et supprime certaines restrictions aux transferts de fonds vers l'étranger.

Sous la pression des bailleurs de fonds internationaux, le gouvernement travaille aussi à une réduction des dépenses publiques et du déficit dans son projet de budget 2017. Mais l'initiative risque de se heurter à de nouveaux conflits sociaux. Certains secteurs se disent prêts à lutter contre de nouveaux impôts ou un gel des salaires du secteur public.

La Tunisie a récemment revu en baisse sa prévision de croissance pour 2016, à 1,5% contre 2,5% auparavant. Son déficit budgétaire est projeté pour 2017 à 5,4% du produit intérieur brut.

(ats)

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