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RacismeLa condamnation de militants noirs annulée 50 ans après

Une peine prononcée en 1961 aux USA à l'encontre de militants noirs, alors que les lois ségrégationnistes étaient encore en vigueur, a été annulée par un juge américain.

Les militants noirs avaient été condamnés à l'époque pour s'être assis à une table réservée aux Blancs. Ils saluent aujourd'hui la décision du tribunal d'annuler leur peine.

Les militants noirs avaient été condamnés à l'époque pour s'être assis à une table réservée aux Blancs. Ils saluent aujourd'hui la décision du tribunal d'annuler leur peine.

Keystone

Plus de 50 ans après avoir été condamnés pour s'être attablés dans un restaurant réservé aux blancs, des militants noirs pour les droits civiques aux Etats-Unis ont vu leur peine annulée. Les militants avaient écopé de 30 jours de travaux forcés.

Un juge de la Cour de Rock Hill a prononcé un non-lieu de la condamnation d'un groupe de neuf personnes, connu sous le nom de «Friendship Nine». La peine avait été prononcée en 1961, alors que les lois ségrégationnistes étaient encore en vigueur.

Lors de cette session hautement symbolique, le groupe était représenté par Ernest Finney, 83 ans, l'avocat qui les avait défendus 53 ans auparavant alors que le juge qui a annulé leur condamnation était le neveu de celui qui les avait envoyés en prison.

«Nous ne pouvons pas réécrire l'histoire, mais nous pouvons la rectifier», a déclaré le magistrat, cité par le «Charlotte Observer».

Le procureur a rappelé qu'ils avaient été condamnés «pour la seule raison qu'ils étaient Noirs. C'était injuste alors, cela l'est toujours. En tant que représentant de l'Etat, je vous présente mes sincères excuses», a-t-il dit.

«Jail, no bail»

Le 31 janvier 1961, ce groupe composé en majorité d'élèves d'un établissement scolaire local, le Friendship College, était entré dans un restaurant réservé aux Blancs de la ville, pour protester contre les lois ségrégationnistes.

Ils s'étaient installés au comptoir, avaient commandé des boissons et des plats, puis avaient refusé de quitter le restaurant et avaient été arrêtés.

Condamnés le lendemain au choix à 30 jours de travaux forcés ou une amende de 100 dollars, ils avaient refusé de payer, lançant le mouvement «Jail, no bail» («la prison, pas de caution») pour «arrêter le cycle de donner sans cesse de l'argent à un système judiciaire injuste», selon le site Internet du Friendship College.

Le mouvement avait fait tache d'huile dans l'histoire de la lutte des Noirs américains pour leurs droits et été repris par d'autres protestataires, remplissant ainsi les prisons.

(ats)

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