Suisse: La Confédération a dû dédommager des hackers

Publié

SuisseLa Confédération a dû dédommager des hackers

Trois pirates informatiques ont passé trop de temps en prison préventive. Ils ont été dédommagés. Mais les 130'000 francs alloués pourraient revenir à leurs victimes.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Des trois pirates informatiques, deux ont disparu dans la nature.

Des trois pirates informatiques, deux ont disparu dans la nature.

Keystone

Trois hackers marocains condamnés en Suisse vont recevoir plus de 130 000 francs suisses de dédommagement de la Confédération. Ils ont en effet passé plus de temps en prison préventive qu'à la peine à laquelle ils ont été condamnés, explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 22 février.

Les trois hommes avaient été expulsés de Thaïlande après avoir dérobé les données de 180 000 cartes de crédit de 150 pays, dont la Suisse. Le Ministère public de la Confédération (MPC) avait obtenu leur extradition à l'automne 2016 et les trois prévenus ont coopéré lors de l'enquête, en échange d'une peine de prison de trois ans.

Que pour les clients suisses

La procédure, qui s'est étendue à tous les pays concernés, a accouché de 400 000 pages pour un coût total de 700 000 francs. Pour le MPC, ce procès devait clarifier la façon de traiter ce nouveau type de criminels et de les juger au nom de tous les pays d'origine des données des cartes piratées.

Le tribunal pénal fédéral n'a pas été convaincu, estimant que les pirates ne pouvaient être condamnés que pour les cartes des victimes suisses, estimant que la Suisse n'a pas à être responsable des cartes volées à l'étranger par des étrangers.

Disparus dans la nature

La peine prononcée a donc été nettement moins élevée que l'accord prévu car seule une petite partie des cartes provenait de Suisse. Les trois hackers ont ainsi été libérés car ils n'ont écopé que de six mois. Ils ont donc été dédommagés pour tout le temps supplémentaire passé derrière les barreaux.

A raison de 80 francs par jours, la somme représente précisément 133 520 francs mais les condamnés ne devraient pas en profiter. Les parties lésées, à savoir Postfinance, Cornèr Bank et UBS ont entrepris des démarches pour récupérer les fonds qu'ils avaient rendus aux clients floués. L'argent est donc bloqué dans l'attente de la procédure.

Un des trois pirates vit désormais en Russie, où il tente de refaire sa vie. Il n'est pas encore certain qu'il se batte pour défendre «sa» compensation. Les deux autres ont rompu le contact avec leurs avocats suisses et se sont évaporés dans la nature.

Ton opinion