01.05.2013 à 16:59

SubventionsLa Confédération va lutter contre le trafic d'êtres humains

La Confédération prévoit d'investir jusqu'à 200'000 francs par an pour prévenir le trafic d'êtres humains en subventionnant des organisations qui luttent contre ce fléau.

La plupart des victimes sont des femmes, ou même des enfants, destinées à la prostitution.

La plupart des victimes sont des femmes, ou même des enfants, destinées à la prostitution.

Keystone

Même si le projet du Conseil fédéral va dans la bonne direction, «les montants prévus sont beaucoup trop bas, une goutte d'eau dans la mer», estime ainsi le centre d'assistance aux migrantes et aux victimes de la traite des femmes de Zurich (FIZ). «Le trafic d'êtres humains est complexe et la prévention nécessaire à plusieurs niveaux», explique sa directrice Susanne Seytter.

La Suisse est en effet à la fois un pays d'arrivée et de transit, rappelle un rapport de la police fédérale (fedpol). La plupart des victimes sont des femmes, ou même des enfants, destinées à la prostitution. Le FIZ aide chaque année quelque 200 victimes de la traite. Les frais de ce programme s'élèvent à 800'000 francs par an, partiellement financés par la loi sur l'aide aux victimes. Il manque toutefois 250'000 francs pour la réintégration des anciennes prostituées.

Or ces femmes ont besoin de soutien pour trouver du travail ou se former afin d'éviter qu'elles ne retombent dans le cercle vicieux de la traite, souligne Mme Seytter. Réduire ce risque est d'ailleurs l'un des objectifs prévus dans l'ordonnance du Conseil fédéral, relève-t-elle.

Pas des clandestines

Amnesty International (AI) Suisse, Terre des Femmes Suisse et l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) partagent l'avis du FIZ. Une campagne de prévention convenable, couvrant l'ensemble du territoire helvétique, et donc menée en plusieurs langues, coûte entre 500'000 et un million de francs, indique Stella Jegher, experte des droits de la femme chez Amnesty International.

Mme Jegher critique en outre le manque de clarté de l'ordonnance, qui ne définit pas vraiment les instances à sensibiliser. «Il faut absolument changer certaines perceptions, en particulier des autorités qui ont tendance à considérer ces femmes non pas comme les victimes d'un délit mais comme des immigrantes clandestines».

Sensibiliser les autorités

Le Centre zurichois de lutte contre la traite des femmes a d'ailleurs mis sur pied un programme pour former et sensibiliser les représentants des autorités, policiers ou douaniers par exemple. Ce projet à 300'000 francs par an est financé par des dons.

Grâce à une meilleure sensibilisation des représentants des forces de l'ordre, les femmes happées dans le trafic d'êtres humains réussissent davantage à se libérer qu'auparavant, relève Mme Seytter. La directrice du centre précise que 60% des femmes suivies par le FIZ parviennent à s'en sortir.

La Suisse a ratifié le 17 décembre 2012 la Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains. Entré en vigueur le 1er avril, ce texte renforce les droits des victimes de trafic en Europe ainsi que la protection des témoins.

(ats)

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