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TragédieLa consternation gagne Yverdon après le décès d'un adolescent

La mort d'un jeune homme de 17 ans bouleverse la ville vaudoise.

par
Feriel Mestiri
Le drame s'est déroulé sur la place de Bel-Air d'Yverdon jeudi après-midi.

Le drame s'est déroulé sur la place de Bel-Air d'Yverdon jeudi après-midi.

Jean-Paul Guinnard

«Il était fan de motos et faisait de la pêche. Mais surtout, il aimait cuisiner», raconte un ami de D., l'adolescent de 17 ans décédé vendredi au CHUV. D. était apprenti cuisinier et vivait dans la région d'Yverdon. Selon les témoignages recueillis devant le centre commercial de Bel-Air auprès de ses amis, il semble qu'un seul coup, porté par R., ait causé cette issue fatale.

R. s'est spontanément livré à la police quelques heures après les événements. Selon un de ses amis présents ce jeudi peu avant 17 h 30 au moment des faits, les deux jeunes se sont provoqués. R., un Suisso-Colombien de 16 ans, face à D., que la bande de copains de R. considérait comme «facho», en raison notamment de sa veste griffée Lonsdale. R. aurait donné un unique coup de poing à D. La victime est tombée à terre et ne s'est plus relevée. Un second témoignage appuie cette thèse. Il est le fait d'un autre ami de R., venu déposer hier après-midi une fleur sur les lieux du drame par respect pour D. «Je ne le connaissais que de vue. Mais ce qui est arrivé est vraiment triste. R. n'a jamais voulu ça. Il n'était d'ailleurs pas violent du tout.» La police n'a pas souhaité confirmer la thèse du seul coup fatal, l'enquête étant toujours en cours.

«Il ne buvait pas, ne fumait pas»

Selon ses proches, R. a d'abord pris la fuite. Mais lorsqu'il a appris la gravité des blessures de D., il s'est livré à la police. Sur le chemin, il a d'abord appelé sa petite amie (14 ans): «Au début, j'ai cru qu'il plaisantait, raconte-t-elle. Puis j'ai compris qu'il était traumatisé. Il m'a dit que s'il arrivait quelque chose à D., il s'en voudrait toute sa vie.» En larmes, la jeune fille est épaulée par ses deux amies au moment où elle nous parle. Dans l'entourage de R., c'est la consternation. Un travailleur social de la ville confie: «Il est considéré comme un jeune tranquille, pas provocateur. Mais dans le groupe, on constate un manque de tolérance vis-à-vis de ceux qui n'ont pas le même look. Jeudi soir, ses copains semblaient plus concernés par le sort de R., en détention. Mais depuis qu'ils ont appris le décès de D., ils sont vraiment mal.»

«Ses copains jouent parfois les gangsters, poursuit sa petite amie. Mais lui était un exemple pour eux. Il ne fume pas, il ne boit pas et est très travailleur. Il leur disait souvent de sortir moins pour faire plus de sport.» R. est en première année d'apprentissage de mécanique de précision. Son rêve était de devenir footballeur. «Il s'entraînait beaucoup, il voulait devenir professionnel. Plusieurs fois, il a pensé quitter son apprentissage, mais il ne voulait pas décevoir sa mère.» Hier après-midi, sur les lieux du drame, les proches de la victime étaient bouleversés. Entourant les nombreuses fleurs et bougies déposées en sa mémoire, ils ont observé un long moment de silence.

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