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AsieLa Corée du Nord a tiré un nouveau missile

Pyongyang a tiré lundi matin un nouveau missile. L'ONU, ses voisins et même son allié chinois cherchent à limiter l'escalade.

Image prétexte - Images non-datées fournies par l'agence officielle nord-coréenne KCNA le dimanche 28 mai 2017.

Image prétexte - Images non-datées fournies par l'agence officielle nord-coréenne KCNA le dimanche 28 mai 2017.

Keystone

Pyongyang a confirmé mardi avoir procédé la veille à un nouveau tir de missile qui s'est abattu en mer dans la zone économique exclusive du Japon, suscitant des condamnations des capitales étrangères dans un contexte de tensions sur la péninsule.

Il s'agit du troisième tir nord-coréen en trois semaines et du 12e depuis le début de l'année, alors que de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU interdisent à Pyongyang de poursuivre ses programmes balistique et nucléaire, et que Washington menace le pays d'une intervention militaire.

Selon l'agence officielle KCNA, ce tir, supervisé le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, a été un succès. «Le missile balistique a volé vers l'est où le jour se levait et a parfaitement atteint sa cible après avoir parcouru la moitié de la distance dont il est capable», a précisé l'agence nord-coréenne.

Le missile était équipé d'un système perfectionné de pré-lancement, une nouveauté par rapport aux précédents missiles de courte portée, ajoute KCNA, confirmant le tir d'un missile de type Scud modifié annoncé par la Corée du Sud. L'essai visait à vérifier les capacités de ce nouveau système de navigation et la fiabilité d'un nouveau lanceur mobile.

«Manque de respect»

Le président américain Donald Trump a estimé lundi sur Twitter que la Corée du Nord faisait preuve d'un «grand manque de respect» vis-à-vis de la Chine, alors que Pékin «fait beaucoup d'efforts!»

L'armée américaine a affirmé que le missile de courte portée avait volé six minutes et Tokyo a précisé que le missile était tombé dans sa zone économique exclusive, qui s'étend jusqu'à 200 milles marins (370 km) de ses côtes.

Abe veut une réaction «concrète»

A Séoul, le nouveau président Moon Jae-In, partisan du dialogue avec Pyongyang, a convoqué une réunion du conseil de sécurité nationale, selon Yonhap. Et la diplomatie sud-coréenne a dénoncé «un défi direct à nos demandes de paix et de dénucléarisation de la péninsule coréenne».

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a de son côté immédiatement condamné ce tir et souhaité une «réaction concrète» avec les Etats-Unis. «Nous ne tolérerons jamais que la Corée du Nord continue ses provocations et ignore les avertissements répétés de la communauté internationale», a-t-il déclaré à des journalistes.

«Comme agréé lors du sommet du G7, le problème nord-coréen est la première priorité de la communauté internationale», a-t-il ajouté. Ce nouveau test est intervenu deux jours après que les dirigeants du G7 ont qualifié de «menace grave» les tests nucléaires et de missiles nord-coréens.

Prudence au Pentagone

Sur Twitter, le président américain Donald Trump a affirmé que «la Corée du Nord avait montré beaucoup d'irrespect à l'égard de son voisin, la Chine, en tirant un énième missile balistique».

Mais «la Chine fait des efforts», a-t-il ajouté. Pékin est le seul allié de taille de la Corée du Nord sur la scène internationale et Washington s'efforce de la convaincre d'accentuer sa pression sur Pyongyang pour qu'il cesse de défier les résolutions et les sanctions de l'ONU.

En dépit des déclarations très fermes de Donald Trump, qui se dit prêt à régler seul le problème nord-coréen, son secrétaire à la Défense James Mattis a estimé dimanche qu'une guerre avec Pyongyang serait «catastrophique».

«Le régime nord-coréen a des centaines de pièces d'artillerie et de lanceurs de roquettes à portée de l'une des villes les plus densément peuplées de la Terre», a-t-il dit dans une interview à CBS News. «Ce régime est une menace pour la région, pour le Japon, pour la Corée du Sud. Et en cas de guerre, il serait un danger pour la Chine et la Russie également».

Quelle «ligne rouge» ?

«Ce serait une guerre catastrophique si cela dégénérait en combats, si nous ne résolvions pas cette situation par des moyens diplomatiques.» Le chef du Pentagone s'est refusé à dire ce que pourrait être, pour Washington, une «ligne rouge». Ce tir laisse penser que Pyongyang tente de renforcer sa position dans l'éventualité de futures négociations avec Washington, a estimé Cho Han-Bum, de l'Institut coréen pour l'unification nationale.

«Le Nord, en dépit de ses provocations en série, n'a pas franchi la ligne rouge ultime, qui serait un essai nucléaire ou un test réussi de missile intercontinental», a-t-il dit. «Ce tir est une façon de dire au monde: 'il ne sera pas facile de nous obliger à suspendre nos programmes militaires même si vous nous ramenez à la table des négociations.'»

Ce nouveau tir a été condamné lundi par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui a menacé Pyongyang de sanctions renforcées. La Russie a elle aussi condamné le tir et a appelé à la retenue, notamment «en matière d'activités militaires», a déclaré le premier vice-ministre russe des affaires étrangères Vladimir Titov.

La Chine a pour sa part appelé Pyongyang à ne pas enfreindre les «règles claires» édictées par le Conseil de sécurité au sujet de l'activité de missiles. Elle a également appelé à la retenue.

(ATS)

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