Ecologie: La cosmétique verte à faire chez soi
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EcologieLa cosmétique verte à faire chez soi

Une ingénieure en sciences de l'environnement de l'EPFL propose un atelier pour créer ses produits de beauté maison. Le nombre d'inscriptions explose!

par
Laura Juliano

Réunies autour d'un grand bain-marie, cinq apprenties en cosmétique s'affairent à confectionner un déodorant crème roll-on à base d'ingrédients naturels, à Epalinges (VD). La recette: un mélange minutieusement pesé de gomme, d'eau, de bicarbonate de soude, de maïzena et d'oxyde de zinc, parfumé aux huiles essentielles. «J'ai beaucoup d'allergies, donc le sur-mesure est une bonne solution pour moi», confie Geneviève, en versant le gel dans un flacon en verre. «Je ne sais pas si je le ferai au quotidien, admet Christelle, mais ça permet d'avoir une bonne idée de ce qui est bon ou non et de faire de la place dans mes armoires!»

Quand on aime se pomponner, on ne compte pas. Mais crèmes, déos, baumes et démaquillants encombrent les étagères, pèsent sur le budget et sont souvent chargés de conservateurs nocifs pour la santé et la planète. «L'avantage d'un produit maison, c'est qu'il va être adapté, donc efficace, bienfaisant, moins polluant et plus économique», souligne Aline Scherz, ingénieure en sciences de l'environnement à l'EPFL et diplômée en chimie.

Un regard scientifique

Si le culte du fait maison est un élan sain et créatif, l'absence d'un œil expert peut parfois être préjudiciable. Surtout quand la santé est en jeu. Loin des tutos beauté animés par des mordues d'esthétisme, la Fribourgeoise d'adoption de 28 ans propose un atelier novateur à Lausanne et à Fribourg, qui mêle chimie, santé et coquetterie, dans le respect de l'environnement. «Je ne suis pas une grande consommatrice à la base, confie-t-elle. Ce qui me plaît, c'est le côté expérimental. On mélange des substances, on tambouille, on innove!» A peine lancé, le concept fait déjà des adeptes. Depuis le premier atelier FORMAline, organisé le 14 mars, le nombre d'inscriptions a explosé. Huit nouvelles séances sont agendées. Pourquoi un tel engouement? «Il y a un retour au do-it-yourself, estime-t-elle. Les gens ont envie de maîtriser leur environnement, de ne plus enrichir les multinationales, de savoir ce qu'ils mangent et se mettent sur la peau. D'ouvrir les yeux!» Avant de se mettre à l'œuvre, les participantes ont appris à démasquer les agents nocifs et allergisants présents sur les étiquettes des produits commerciaux. Aline Scherz est bien placée pour en parler. Durant deux ans, elle a travaillé pour l'Administration fédérale, évaluant la dangerosité de produits chimiques avant leur mise sur le marché.

Vers la «cosmétique responsable»

Une nouvelle routine beauté écoresponsable qui va de pair avec une consommation réduite à l'essentiel. «L'idée est aussi de se diriger vers une consommation plus raisonnable de produits cosmétique, poursuit Aline Scherz. Par exemple, au lieu d'avoir une crème pour chaque partie du corps, on va n'en utiliser qu'une ou remplacer le tout par de l'huile de tournesol, qui est un produit miraculeux.»

De quoi alléger le porte-monnaie, mais surtout l'impact écologique. «Quand on achète un produit corporel, on pollue en trois temps. Avant, par le transport des matières premières, puis lors de la production en usine, et enfin, après rinçage, car beaucoup d'ingrédients n'ont pas une bonne biodégradabilité.» Pour éviter ce scénario le plus possible, la scientifique, qui crée ses produits cosmétiques et ménagers depuis quatre ans, met l'accent sur les matières premières locales. «On trouvera les ingrédients dans sa cuisine, dans un supermarché ou en pharmacie. C'est simple, rapide et à la portée de tous.»

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FORMAline

Lait ou crème non grasse pour les mains, le corps et le visage

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