23.06.2017 à 14:59

GenèveLa Cour des comptes épluche l'aide aux réfugiés

L'Hospice général devrait mieux définir ses coûts de logements et d'assurance maladie. Pas si simple, rétorque l'institution.

François Paychère, magistrat titulaire à la Cour des comptes, s'est penché sur le fonctionnement de l'Hospice général.

François Paychère, magistrat titulaire à la Cour des comptes, s'est penché sur le fonctionnement de l'Hospice général.

Keystone

A Genève, l'aide apportée aux migrants par l'Hospice général pourrait être améliorée sur certains points. La Cour des comptes, qui a publié vendredi un rapport sur le sujet, estime notamment des économies possibles en matière de logements et d'assurance maladie.

Selon la Cour des comptes, l'Hospice général devrait mieux définir ses besoins immobiliers, sachant qu'il doit loger au moins 5000 personnes qui relèvent de l'asile. Il devrait aussi mieux gérer les appartements qu'il possède déjà, en attribuant une partie d'entre eux à des migrants, tout en veillant à ne pas créer de ghetto.

Aujourd'hui, l'Hospice général loue plus cher des logements pour y héberger des requérants d'asile. Si l'institution utilisait des appartements qu'elle possède pour des migrants, au lieu de les louer, elle pourrait réaliser une économie d'environ 900'000 francs, a noté François Paychère, magistrat titulaire à la Cour des comptes.

Sujet complexe

Présent lors de la présentation du rapport, Christophe Girod, le directeur général de l'Hospice général, a rappelé que la gestion du parc immobilier de l'institution n'est pas un travail simple. Des personnes habitent des appartements qu'elles auraient dû quitter, mais elles y restent, car elles ne trouvent rien ailleurs.

L'Hospice général loue déjà des logements dont il est propriétaire à des réfugiés, mais il doit veiller à ce que ne se forme pas une trop grande concentration de demandeurs d'asile dans un même endroit et promouvoir une certaine mixité. L'institution possède aussi des appartements de standing grâce auxquels elle tire des revenus.

La Cour des comptes a estimé par ailleurs que la santé était aussi un domaine où l'Hospice général pouvait faire des économies. Aujourd'hui, l'institution travaille avec un trop grand nombre de caisses maladie pour assurer les personnes relevant de l'asile et ne choisit pas toujours les plus avantageuses, a noté M. Paychère.

De sept à cinq

Pour le magistrat, l'Hospice général pourrait réaliser quelque 2 millions de francs d'économies en sélectionnant mieux ses assureurs. «Nous allons passer de 7 à 5 assurances-maladie», a promis M. Girod, tout en notant que les caisses les moins chères ne proposaient pas le tiers garant. Ce mécanisme est pourtant essentiel pour l'Hospice.

La Cour des comptes a par ailleurs annoncé qu'elle travaillait sur un audit concernant uniquement les réfugiés mineurs non accompagnés. Selon M. Paychère, il s'agit d'une question bien distincte des migrants adultes, où les problématiques sont autres, et elle mérite un rapport spécifique.

(ats)

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