10.08.2020 à 17:56

Proche-OrientLa Cour suprême interdit de démolir la maison d'un Palestinien

La justice israélienne a estimé que la femme et les enfants d’un Palestinien, accusé du meurtre d’un soldat, n’ont rien à voir avec l’acte criminel pour mériter la destruction de leur habitat.

Israël détruit régulièrement le domicile de Palestiniens accusés d'avoir mené des attaques contre l'occupant. La Cour suprême israélienne a rendu  lundi une décision allant à l’encontre de cette pratique.

Israël détruit régulièrement le domicile de Palestiniens accusés d'avoir mené des attaques contre l'occupant. La Cour suprême israélienne a rendu lundi une décision allant à l’encontre de cette pratique.

AFP

La Cour suprême israélienne a interdit lundi à l'armée de démolir la maison de la famille d'un Palestinien accusé du meurtre d'un soldat israélien. Une décision aussitôt saluée par les organisations de la société civile mais dénoncée par le gouvernement.

La famille du Palestinien, Nazmi Abou Bakr, avait fait appel de cette décision. M. Abou Bakr est soupçonné du meurtre du sergent Amit Ben Ygal, 21 ans. Ce dernier a été tué par un jet de pierre lors d'une opération de l'armée israélienne dans le village de Yabad, près de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée par l'Etat hébreu le 12 mai, veille de la visite à Jérusalem du chef de la diplomatie US Mike Pompeo.

Le suspect avait été arrêté par l'armée le jour même, avant d'être inculpé de meurtre au premier degré en juin.

Israël détruit régulièrement le domicile de Palestiniens accusés d'avoir mené des attaques contre l'occupant, arguant du caractère dissuasif de la mesure décriée par des organisations palestiniennes et de défense des droits humains.

Famille pas responsable

«La femme (du suspect) et ses enfants n'ont aucun lien avec l'acte criminel du père de famille, ni en l'aidant, ni en connaissant ses intentions ni en soutenant son acte (...) La destruction de leur maison les laissera sans toit», a affirmé le juge Meny Mazouz dans le verdict dont l'AFP a eu copie.

Démolir la maison «serait une transgression du respect des droits humains», a soutenu le juge. Mais pour le père du soldat tué, Baroukh Ben Ygal, cette décision est «un cadeau pour le terrorisme», a-t-il déclaré à la presse locale.

Mettre fin aux punitions collectives

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a lui dénoncé sur Twitter une «décision malheureuse» et appelé à un nouveau débat devant un panel de juges élargi. «Ma politique en tant que Premier ministre est de détruire les maisons des terroristes et je compte la poursuivre», a-t-il ajouté.

L'ONG israélienne de défense des Palestiniens Hamoked, qui avait déposé l'appel au nom de la famille Abou Bakr, a salué la décision de la justice.

Cela «sauve une mère et ses huit enfants qui risquaient de se retrouver sans maison», tout en regrettant que la justice n'ait pas fait un pas de plus en «interdisant complètement cette politique de destruction de maisons qui est une punition collective».

(ATS/NXP)

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