Actualisé 20.03.2020 à 13:55

CoronavirusLa courbe de mortalité suisse est trop raide

En comparant l'évolution du nombre de décès au fil des jours dans différents pays, on constate que notre pays n'est pas au mieux.

von
lematin.ch
La progression suisse du nombre de morts ne ralentit pas.

La progression suisse du nombre de morts ne ralentit pas.

Yannick Michel

Comment comparer la gravité de la crise épidémique du coronavirus entre les différents pays? Difficile de le faire en se basant sur le nombre de personnes porteuses du virus, puisque tous les gouvernement n'appliquent pas les mêmes politiques de dépistage. On peut le faire avec le nombre de morts, chiffre beaucoup plus parlant, mais l'épidémie a débuté à des dates très différentes, d'abord en Chine, puis en Italie avant d'impacter les autres nations.

Le «Financial Times» a développé un modèle de courbe en partant pour chaque pays de la date du 10e décès annoncé, puis en observant l'évolution. Un graphique repris notamment par Franceinfo. Mais dans ce dernier, ne figure pas la Suisse.

Lematin.ch a donc réalisé son propre graphique, en partant cette fois pour chaque pays de la date du premier décès, pas du 10e (sauf pour la Chine qui débute à 17 en raison de la difficulté à dater les premiers cas). Voici ce que cela donne dans un graphique interactif, situation au 20 mars midi.

Infographie: Yannick Michel

Première constatation évidente: le courbe suisse est très verticale, signifiant que la mortalité ne cesse de croître dans notre pays. Nous avons une évolution quasi parallèle à celle de la France et à peine moins verticale que celles de l'Iran, de l'Italie ou encore de l'Espagne, pays fortement touchés. Cela signifie très vraisemblablement que nous n'en faisons pas encore assez pour nous protéger!

On voit également que l'Italie, au 28e jour de ce calendrier, a dépassé la Chine à la même période de l'épidémie, ce qui a de quoi alarmer pour la suite. Mais le rythme de progression commence heureusement à ralentir en Lombardie, région la plus touchée.

Coups de frein

Autres leçons à tirer de ce graphisme: la courbe chinoise, pourtant montée très haut, s'aplatit de plus en plus. Le nombre de nouveaux cas de personnes simplement infectées est même tombé à zéro ces derniers jours. Le confinement strict semble fonctionner.

La courbe sud-coréenne s'aplatit également, alors que c'était le deuxième pays asiatique le plus touché derrière la Chine. Franceinfo l'explique par la prise de mesures drastiques et une vaste campagne de dépistage auprès de personnes à risques, permettant de les soigner le plus tôt possible. Cela semble bien fonctionner.

Miracle allemand?

Ce type de graphique permet aussi de voir que l'Allemagne a un taux de mortalité faible pour son nombre de cas, 44 pour plus de 16 000. C'est très peu en regard de la France (plus de 350 morts pour un peu plus de 10 000 cas) et s'explique sans doute par une campagne de dépistage plus vague ou davantage de places aux soins intensifs, comme le suggère Franceinfo. Mais avant de crier au miracle allemand, il faut tout de même constater que sa courbe de décès reste très verticale alors qu'elle n'est qu'à un stade précoce de l'épidémie. Ce n'est pas forcément bon signe.

Michel Pralong

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