Euro 2020 - La course à la polémique stérile
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Euro 2020La course à la polémique stérile

La Suisse et la France n’ont pas évité les imbroglios depuis le début de l’Euro 2020. Ce sont les risques de la vie en «bulle» en temps de pandémie.

par
Robin Carrel
(Rome)
Bonne ambiance avant un gros match.

Bonne ambiance avant un gros match.

AFP

Le petit monde médiatique est ainsi fait quil ne tolère pas le vide. Alors quand les journalistes doivent se contenter de remplaçants - et pas forcément des plus loquaces - lors des points presse quotidiens, il faut bien trouver quelque chose pour remplir les pages des journaux, les talk-shows, les émissions de radio et les «lives» des chaînes d’infos en continu… Et ça peut vite tourner à la surenchère, juste histoire de se démarquer du concurrent. Quitte à verser des fois dans loutrance.

Léquipe de Suisse est bien placée pour en parler. Depuis le début de sa préparation à Bad Ragaz à la fin du mois de mai, on a presque plus parlé de la marque des voitures des internationaux, de leurs tatouages, de leurs coupes de cheveux et de leur façon de chanter (ou pas) lhymne, que de leurs prestations sur le pré. Et pourtant, Dieu sait qu’il y a des choses à dire à propos d’un si petit pays qui enchaîne les 8es de finale de grandes compétitions internationales. Espérons que personne n’a remarqué que Granit Xhaka était encore plus rafraîchi derrière les oreilles ce jeudi…

Chez les Bleus, la capacité à chanter la Marseillaise est régulièrement tout en haut de laffiche également, il y a léternel «cas Benzema» que certains politiciens aiment à ramener sur la table et les journalistes ont parlé des heures et des heures du fait que Mbappé ne voudrait pas donner son ballon à Giroud, parce quil lui préférerait son copain Karim… Ce n’est pas forcément intéressant, mais comme l’autre en parle, il faut en causer encore plus fort pour essayer de gagner de l’audience.

En Suisse romande, cette partie fait déjà trembler dans les chaumières et sur les terrasses des bistrots. Pourtant, cette «Nati» très alémanique (zéro Romand au coup d’envoi face à la Turquie!) est à des années-lumière de la vision qu’on peut en avoir de ce côté-ci de la Sarine. «Si ce match sera un «derby»? Pour nous, les Suisses alémaniques, c’est bien davantage l’Allemagne… D’ailleurs, on était nombreux à vouloir plutôt tomber contre eux. Mais c’est vrai que pour moi qui joue à Bâle, la France n’est pas loin non plus», a expliqué franchement Silvan Widmer, qui devra sans doute défendre sur un certain Kylian Mbappé.

«Mais il ne faut pas s’y tromper, les Français forment une des meilleures équipes sur la planète en ce moment, a ajouté Widmer. On va affronter les Champions du monde en titre et c’est une super affiche! Il faudra mettre nos chances au fond. Mais on va jouer notre jeu et on pourra évoluer libérés. S’ils pensent passer, nous aussi, mais il faudra savoir saisir nos chances.»

«C’est un gros écueil qui se présente devant nous, a confirmé Gregor Kobel, le troisième gardien du groupe suisse. Mais nous, on veut affronter les meilleurs! Sur un match comme celui-ci, tu ne peux que prendre du plaisir. Ils sont tellement forts, surtout devant… Pour un gardien de but, c’est aussi très intéressant d’avoir la chance de se retrouver face à ce que l’on fait de mieux.» Autant dire que pour trouver une polémique, il ne faudra pas compter sur ces Helvètes-là.

Côté français, on tente bien de relancer un peu les choses en sortant des vieux dossiers. «Une» de journaux, caricatures d’une certaine époque… Forcément, sur les réseaux sociaux, ça fonctionne. Il y a de bonnes blagues, c’est vrai, mais aussi pas mal d’horreurs. Heureusement, ceux qui suivent l’équipe de Suisse sur le terrain n’auront pas L’Équipe TV ou TF1 à se mettre sous la pupille ces prochains jours. Ça, ce sera votre boulot.

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