Formule 1 - La course de qualification, une fausse bonne idée?
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Formule 1La course de qualification, une fausse bonne idée?

Cet après-midi, la Formule 1 tentera une petite course de 25 minutes pour décider la grille de départ du Grand Prix de dimanche. Elle a manqué l’occasion d’une réelle petite révolution.

par
Luc Domenjoz

Hamilton devant, mais pas en pole

On avait plus vu de séance de qualification un vendredi depuis 2003. A Silverstone, ce week-end, les 20 monoplaces de Formule 1 se sont livrées vendredi à une séance de qualification classique, à trois séquences.

Mais à son issue, le plus rapide (Lewis Hamilton) n’est pas le détenteur de la «pole-position» du Grand Prix de Grande-Bretagne. C’est juste celui qui partira le premier pour la «course de qualification», qui aura lieu cet après-midi (samedi) à 17 h 30.

Le résultat de cette course «sprint» constituera alors la grille de départ du Grand Prix de dimanche, et son vainqueur sera désigné comme le vrai détenteur de la pole-position. La grille de départ d’hier, et son meilleur chrono n’augmente donc pas le record de poles de Lewis Hamilton (qui en détient déjà 100).

Cette course sprint comptera 17 tours seulement, et durera moins d’une demi-heure. La F1 n’a encore jamais tenté ce format de week-end, destiné à attirer les spectateurs autour des circuits dès le vendredi, ainsi qu’à gonfler les audiences télévisées - puisqu’un Grand Prix compte alors trois moments susceptibles d’attirer les fans.

Le problème, c’est qu’il y a un grand danger - pour ne pas dire une certitude! - que les pilotes se montrent excessivement prudents lors de cette course sprint.

Mis à part le départ, toujours susceptible de créer des surprises, les pilotes n’oseront probablement pas tenter de manœuvres risquées, de peur de sortir de route. Car la course sprint est trop courte pour avoir le temps de remonter un peloton, et y terminer derrière signifie un départ de l’arrière pour le Grand Prix du dimanche. «Ce ne sera pas une course, ce sera un train de voitures», prévient ainsi Lewis Hamilton. Ce qui, en l’occurrence, pourrait l’arranger puisque le Britannique partira à l’avant de cette mini-course.

«On pourrait tout de même imaginer que certains des plus rapides abandonnent ou sortent de route, ce qui les obligera à remonter le dimanche», espère Toto Wolff, le patron de Mercedes.

Dommage. Tenter de nouvelles idées, c’est toujours positif, mais pas s’il s’agit de créer des processions. Il aurait fallu, peut-être, inverser le classement du samedi pour animer le Grand Prix du dimanche, et attribuer beaucoup de points le samedi pour compenser le désavantage de gagner la course de qualification.

Les idées ne manquaient pas. Mais il fallait l’unanimité des équipes, et Toto Wolff s’est opposé à des schémas qu’il disait «contraires à l’ADN de la Formule 1». Comme si cet ADN, justement, était d’engendrer des courses ennuyeuses!

Si cette nouvelle formule ne plaît pas, elle pourrait être abandonnée ou modifiée au terme de ce week-end anglais. Sinon, le même format sera tenté à nouveau à Monza, en septembre.

McLaren renforcé par 700 millions de francs

Vendredi, le groupe McLaren (qui inclut la fabrication de voitures de tourisme) a annoncé un investissement de 500 millions de francs suisses du fonds souverain d’Arabie Saoudite, le PIF (pour «Public Investment Fund»), accompagné d’un investissement de 200 millions de francs supplémentaires d’autres investisseurs, dont le fonds souverain du royaume de Bahreïn, Mumtalakat.

Après avoir vendu 10% du groupe McLaren à l’homme d’affaires Irano-Canadien Michael Latifi (le père du pilote Nicholas Latifi) pour 260 millions de francs suisses il y a trois ans, et après avoir voulu vendre son usine de Woking pour empocher les 260 millions de sa valeur estimée, McLaren a donc trouvé des investisseurs de poids qui lui permettent d’éviter la faillite à long terme.

Lando Norris dans sa voiture anglaise.

Lando Norris dans sa voiture anglaise.

AFP

Le PIF pense avoir eu du nez en effectuant cet investissement, le fonds souverain ayant déjà des parts dans de nombreuses sociétés telles Disney, Boeing, Tesla ou encore Uber, démontrant les efforts de l’Arabie Saoudite pour se diversifier par rapport à l’économie du pétrole. Le PIF est aussi propriétaire d’Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne, qui est devenu l’un des principaux sponsors du championnat de Formule 1, et qui sera celui du Grand Prix d’Arabie Saoudite à Jeddah, début décembre prochain. Pas à pas, le royaume saoudien augmente ses investissements dans la F1.

Séance de simulateur positive

Lewis Hamilton a signé le meilleur chrono de la séance de qualification, ce qui ne lui était plus arrivé depuis le Grand Prix d’Espagne. «J’ai tout donné, nous avons tout donné dans l’équipe pour les battre (les Red Bull)», lâchait le septuple champion du monde vendredi soir. «Comme Silverstone est basé à côté de l’usine Mercedes (située à Brackley, à quelques kilomètres, ndlr), et que les essais n’avaient lieu que l’après-midi, j’ai été effectuer une séance de simulateur vendredi matin, pour parfaire mes réglages. Ça a payé.»

Le nouveau format du week-end limite en effet le nombre d’heures d’essais libres pour régler les monoplaces avant les qualifications - de trois heures habituellement à une seule heure.

Peut-être que la séance de simulateur de dernière minute de Lewis Hamilton lui a permis de faire la différence sur Max Verstappen. Ce dernier était très déçu, vendredi, surtout après s’être montré nettement plus rapide que les Mercedes lors des essais libres. «Je ne sais pas ce qui s’est passé, la voiture me donnait un sentiment assez «bizarre», commentait le Néerlandais. Elle sous-virait beaucoup, et je ne sais vraiment pas pourquoi. On va travailler là-dessus.»

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