Actualisé 03.05.2018 à 16:00

Canton de FribourgLa cuchaule obtient son AOP

Fribourg peut se réjouir. Sa brioche au safran est désormais enregistrée comme appellation d'origine protégée (AOP).

La cuchaule est définitivement enregistrée comme appellation d'origine protégée (AOP). La brioche safranée est la quatrième spécialité fribourgeoise à franchir ce cap après le gruyère, le vacherin et la poire à botzi.

Et c'est seulement la deuxième fois qu'un produit de boulangerie obtient l'AOP en Suisse, après le pain de seigle valaisan. Ce sigle garantit aux consommateurs l'utilisation d'ingrédients locaux, l'authenticité de la recette, et la méthode artisanale. A noter que le mot cuchaule est protégé en lui-même, sans qu'il soit nécessaire d'y joindre l'adjectif «fribourgeoise», comme c'est le cas pour le «pain de seigle valaisan» ou la «raclette du Valais».

Traçabilité

Froment, farine, lait, beurre et oeufs doivent avoir une provenance fribourgeoise. La mouture du froment est tolérée à Granges-près-Marnand (VD). Le sel et le sucre doivent être suisses. Il n'y a pas de restriction quant au safran.

Les cuchaules devront porter des pastilles d'identification. Un délai de transition de deux ans est prévu. Pour pouvoir acheter ces logos comestibles, les boulangeries passeront un processus de certification auprès de ProCert. Une soixantaine pourraient le faire.

Coop déboutée

Le dossier a été déposé au printemps 2016 à l'Office fédéral de l?agriculture (OFAG). Celui-ci a rejeté en mars dernier la seule opposition, qui venait du grand distributeur Coop. Le Tribunal administratif fédéral n'a reçu aucun recours après l'ultime délai.

Jacques Chavaz, président de l'Interprofession de la cuchaule, a donc reçu jeudi le document d'enregistrement officiel des mains de Paolo Degiorgi, responsable du dossier à l'OFAG. L'événement s'est déroulé devant la presse dans une boulangerie de Romont (FR).

Au début des années 2000, de précédentes démarches en vue d'une AOP n'avaient pas abouti. Il fallait que les trois familles de métiers concernées puissent s'accorder (boulangers, meuniers et producteurs céréaliers), a souligné Daniel Blanc, président de Terroir Fribourg. Le défi sera désormais de déployer le produit dans l'ensemble de la Suisse romande et dans le canton de Berne. Il faudra optimiser les systèmes de livraison pour qu'on puisse trouver de la cuchaule fraîche à Genève, à Neuchâtel ou à Sion, a dit M. Blanc.

«Kûchola»

Avec sa mie jaune et sa croûte dorée décorée de losanges, la cuchaule est un fleuron du patrimoine fribourgeois. Son nom vient du patois «kûchola». La première trace écrite de la cuchaule remonte à une sentence arbitrale de 1558. Les historiens estiment que son origine est encore plus ancienne.

Son lien avec le terroir fribourgeois est multiple. Sur le plan culturel, son histoire est intimement liée à la fête culinaire de la Bénichon. Sur le plan humain, elle relève d'une recette et d'un savoir-faire artisanal transmis au sein des familles rurales, et entre patrons et apprentis boulangers.

La 22e AOP

Le prochain produit que les Fribourgeois ambitionnent d'estampiller AOP est le jambon de la borne. La procédure pour cette viande fumée, qui est en cours, pose le défi de pouvoir faire enregistrer la régionalité de sa matière première, le porc.

Il existe désormais 22 aliments inscrits au registre suisse des AOP. On y trouve notamment le cardon épineux genevois, la saucisse aux choux vaudoise, ou encore le sbrinz produit dans plusieurs cantons alémaniques.

(ats)

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