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CyclismeLa cure de jouvence de la petite reine

Alors qu’elles s’offraient généralement aux coureurs expérimentés, les grandes courses en 2019 ont sacré des jeunots.

par
Robin Carrel
Mads Pedersen est devenu champion du monde à seulement 23 ans. (photo: AP)

Mads Pedersen est devenu champion du monde à seulement 23 ans. (photo: AP)

Egan Bernal, le vainqueur du Tour de France, a 22 ans; le nouveau champion du monde sacré dimanche, Mads Pedersen, est vieux de 23 printemps; le champion d’Europe et médaillé d’argent sur le contre-la-montre du Mondial, Remco Evenepoel, n’a pas encore soufflé ses 20 bougies. Et ça ne s’arrête pas là… Stefan Küng n’a que 25 ans et passerait presque pour un vieux briscard, tout comme son contemporain Alberto Bettiol, gagnant du Tour des Flandres. Ces deux «vétérans» une ont année de plus que la star Mathieu van der Poel, qui a remporté l’Amstel Gold Race. Tadej Pogacar leur rend encore un an, lui qui a fini sur le podium de la Vuelta en levant les bras sur trois étapes. Un rajeunissement des cadres loin d’être le fruit du hasard.

«C’est une question de génération aussi, celle qui arrive est très forte, dit le presque vieux sage Danilo Wyss, du haut de ses 35 berges. Ils sont préparés par des entraîneurs bien plus tôt, depuis un âge bien plus précoce qu’à mon époque. Moi, jusqu’à 19 ans, j’étais en apprentissage! J’allais dans une école technique et je m’entraînais le soir, de cinq à sept, et ce, quand il était possible de le faire. Il m’a fallu ensuite passer par la catégorie espoir pour monter gentiment en puissance et encore quelques années après, chez les pros, pour prendre le rythme.»

Son jeune coéquipier Marc Hirschi, 21 ans et impressionnant 22e dimanche pour sa découverte des Mondiaux sur route des adultes, vient au soutien de son compatriote: «On s’entraîne plus tôt et davantage que dans un passé pas si lointain. En prime, les équipes de développement des formations professionnelles sont tout aussi bien équipées que celles des grands. On va plus vite plus loin et on devient ainsi plus vite plus fort. Je pense qu’il y a un vrai changement, oui. Mais parmi eux, il y en a certains qui ont un talent exceptionnel. Evenepoel, par exemple, faisait encore du football il y a un peu plus de deux ans…» «Les équipes juniors des formations du World Tour et les Fédérations aussi travaillent plus tôt, aussi pour la détection, confirme Mads Pedersen, encore tout auréolé de son titre de champion du monde. Le fait de pouvoir passer professionnel plus tôt aide aussi au développement du cycliste.»

Chez Swiss Cycling également, on a revu les fondations. «Le programme de formation des jeunes, jusqu’à 17 ans, est large. Jusqu’à cet âge-là, on leur apprend la route, le VTT, la piste… Toutes les disciplines de ce sport, indique Beat Müller, le chef du sport de compétition de la fédération helvétique. Ça leur donne une grande base de motricité. Après, on peut commencer à aller plus loin dans un sport spécifique chez les moins de 19 et de 23 ans. C’est de la théorie, certes, mais on pense ainsi qu’ils seront plus habiles sur la machine. Regardez à quel point van der Poel, qui fait du mountain-bike, du cyclo-cross et de la route, est efficace sur sa machine! Il bouge tellement efficacement…» Il lui reste juste à le faire sur 260km sous la pluie…

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