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TechnologiesLa cyberdéfense pour se protéger de la nouvelle guerre

A l'heure des cyberattaques en série, notamment après les dernières caricatures du prophète Mahomet, le Calid, «gendarme» des systèmes informatiques de l'armée française, est sur le pied de guerre.

Des cybersoldats de l'armée française.

Des cybersoldats de l'armée française.

AFP

Le Calid (Centre d'analyse de lutte informatique défensive) surveille les cyberattaques qui peuvent paralyser des systèmes d'armes ou détourner de l'information sur les moyens et les cibles des forces.

Installé devant un rideau d'écrans, un cybersoldat en treillis scrute attentivement les informations qui défilent. Soudain une mention «SUSPICIOUS» (suspect) se détache en rouge sur l'un des ordinateurs.

«J'ai relevé une alerte sur un site, un utilisateur qui essaie d'aller sur un serveur cloud», lâche le sous-officier qui, avec une trentaine d'autres militaires, surveille 24 heures sur 24 les réseaux du ministère de la Défense, à l'affût du moindre intrus mal ou très mal intentionné.

«Ce qu'on cherche à détecter, c'est un pic de réseau anormal, un trafic important de messagerie. On dispose pour cela de +capteurs+ sur les entrées vers nos réseaux, les postes de travail», explique le cybersoldat, qui préfère garder l'anonymat.

Informaticiens recrutés

Et les ennemis invisibles ne manquent pas. Le 6 janvier, le site du ministère a été piraté par le groupe Anonymous. Ces derniers jours, l'armée a été la cible d'une dizaine de cyberattaques visant notamment des régiments. Le 12 janvier encore, des pirates se réclamant de l'organisation Etat islamique (EI) prenaient brièvement le contrôle des comptes Twitter et Youtube du commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom).

«Les gens de Daech (acronyme de l'EI en arabe) ont de l'argent, recrutent des informaticiens. Ils manquent peut-être de réseaux de renseignement sur les cibles mais sont capables assez rapidement de bloquer des sites», relève le vice-amiral Arnaud Coustillière, responsable Cyberdéfense à l'état-major des armées.

«C'est de la gesticulation. Mais dans la guerre de l'image, ce peut être très intéressant», ajoute ce spécialiste. Les djihadistes n'ont pas en revanche les moyens, selon lui, de mener des attaques d'envergure.

Cauchemar des états-majors

Le Calid (Centre d'analyse de lutte informatique défensive) surveille aussi les cyberattaques qui peuvent paralyser des systèmes d'armes ou détourner de l'information sur les moyens et les cibles des forces. Il envoie pour cela des équipes au coeur des théâtres d'opération.

Car plus que les attaques de sites internet, voilà bien le véritable cauchemar des états-majors: que des missiles soient stoppés net dans leur course, des drones, piratés, des frégates, détournées à distance au beau milieu d'une intervention militaire.

En Afrique, l'opération antijihadiste française Barkhane a ainsi été la cible d'une tentative d'attaque cyber, confie-t-on au ministère de la Défense. «Cela peut se faire à partir d'un ordinateur et d'un téléphone».

(AFP)

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