tennis - «La décision russe a été mûrement réfléchie»
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tennis«La décision russe a été mûrement réfléchie»

Spectatrice avisée à Prague, Timea Bacsinszky a commenté dimanche la défaite de la Suisse en finale de la Billie Jean King Cup. La Vaudoise prédit un avenir radieux à la sélection.

par
Emile Perrin
Timea Bacsinszky était à Prague samedi pour soutenir l’équipe de Suisse.

Timea Bacsinszky était à Prague samedi pour soutenir l’équipe de Suisse.

Urs Lindt/freshfocus

Battue par la Russie en finale, la Suisse patientera avant de ramener la Billie Jean King Cup (ex-Fed Cup) à la maison. Belinda Bencic & Cie ne sont pourtant pas passées loin de l’exploit. Timea Bacsinszky était à Prague pour soutenir ses ex-coéquipières. La Vaudoise nous livre sa lecture de la semaine helvétique et revient aussi sur ce changement russe de dernière minute qui a tant fait parler.

Timea Bacsinszky, quelle était l’ambiance samedi soir après cette défaite rageante en finale?

Comme toujours après un match de Fed Cup, le dernier soir constitue un moment de relâchement, que ce soit après une victoire ou une défaite. Ce sont des instants où l’on profite d’être ensemble. C’est le moment de danser, d’écouter des chansons qui signifient quelque chose pour le groupe, d’évoquer des souvenirs. Samedi soir n’a pas fait exception.

Cela a été le cas même après cette finale perdue?

Bien sûr, il y avait une tristesse légitime d’avoir perdu. Mais aucune frustration. Il faut relativiser. Ce n’est pas la fin du monde, ce n’est qu’un match de tennis. Tout le monde dans l’équipe est en bonne santé. Les filles sont chanceuses de pouvoir jouer. C’est encore plus vrai avec le retour du public. C’est un honneur de pouvoir faire vibrer les gens. L’état d’esprit était positif. C’est accentué par le fait que nous sommes en fin de saison, que chacune va désormais pouvoir prendre un peu de temps pour elle.

Mais les filles sont passées tout près d’un exploit historique…

C’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour s’apitoyer sur son sort. J’ai déjà senti cette énergie positive pour faire mieux l’an prochain. Grâce à son parcours, la Suisse est déjà qualifiée pour le tour final de la prochaine édition. Les filles n’ont pas gagné, certes, mais ce qu’elles ont réalisé est génial. Elles en sont conscientes et cela leur a donné faim pour la suite.

La Russie n’a pourtant pas fait preuve de beaucoup de fair-play en annonçant le forfait de Pavlyuchenkova à la dernière minute…

Le règlement stipule qu’une joueuse qui ne peut pas s’aligner peut être remplacée. La Russie n’a rien fait d’interdit. Se priver de quelqu’un comme Pavlyuchenkova peut être préjudiciable pour l’équipe. Cela signifie que la décision a été mûrement réfléchie. Tactiquement, les Russes ont très bien joué le coup.

Cela signifie que, à vos yeux, son remplacement par Samsonova ne constitue pas la raison principale de la défaite suisse?

On peut pinailler sur ce que l’on veut. Mais si la Suisse avait gagné, on n’aurait même pas parlé de ce changement. Ce n’est pas cela qui a fait la différence. Les Russes ont très bien joué. Jil Teichmann était un peu moins réactive, un peu moins tonique que lors de ses matches précédents et Kasatkina a su en profiter. Il faut également souligner le mérite de Samsonova. Elle a su élever son niveau de jeu, face à un public qui était majoritairement pour la Suisse car il voulait voir un double décisif. Elle ne s’est pas laissé déstabiliser malgré un début de match qui n’était pas tonitruant.

Belinda Bencic ne peut donc pas avancer l’excuse d’avoir été perturbée par cette rocade?

Elle était préparée à affronter Pavlyuchenkova mais elle connaît aussi Samsonova. Cela peut être déstabilisant, mais quand on a la tête dans le guidon, on sait que ce l’on a à faire. Elle a mené un set à zéro et s’est procuré des balles de break dans le deuxième. Elle a su s’adapter, en tant que professionnelle qu’elle est. C’est comme quand on domine un match qui est interrompu par la pluie. Cela fait partie du métier de garder le fil. Au final, on ne peut pas dire que Teichmann et Bencic ont livré de mauvais matches. Il faut laisser le mérite aux Russes, qui ont très bien joué.

La Suisse devra donc remettre l’ouvrage sur le métier pour remporter cette Billie Jean King Cup…

Il ne faut pas toujours chercher la petite bête. La Suisse n’avait jusqu’ici disputé qu’une finale, en 1998. Cette semaine, c’était déjà fantastique d’être sorti de la phase de poule. Je tiens à souligner la cohésion, l’ambition et l’envie qui émanent de ce groupe. C’est beau à voir. Ça prouve que cette équipe a de l’avenir et c’est ce qu’il faut retenir.

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