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BrésilLa défense de Lula contre-attaque depuis Genève

Les avocats ont accusé le juge brésilien de «condamner» par avance l'ex-président et de vouloir l'empêcher d'être candidat à la présidentielle de 2018.

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La Cour suprême du Brésil s'est prononcée en faveur de la libération de José Dirceu, ex-chef de cabinet de Lula, condamné pour corruption dans le méga-scandale Petrobras. (Mardi 2 mai 2017)

La Cour suprême du Brésil s'est prononcée en faveur de la libération de José Dirceu, ex-chef de cabinet de Lula, condamné pour corruption dans le méga-scandale Petrobras. (Mardi 2 mai 2017)

Keystone
Réforme des retraites, crise économique, éducation, scandale de la viande avariée: les raisons de protester ne manquent pas au Brésil. Le mouvement Vem Pra Rua a appeler dimanche à manifester contre la corruption, à travers tout le pays. (Image d'illustration - 15 mars 2017)

Réforme des retraites, crise économique, éducation, scandale de la viande avariée: les raisons de protester ne manquent pas au Brésil. Le mouvement Vem Pra Rua a appeler dimanche à manifester contre la corruption, à travers tout le pays. (Image d'illustration - 15 mars 2017)

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A la mi-mars, une enquête policière de deux ans a révélé que des douzaines de collaborateurs des autorités sanitaires ont été corrompus pour certifier que la viande avariée était propre à la consommation. Malgré 30 arrestations et la fermetures de plusieurs usines, le scandale ne fait que s'empiler aux récentes révélation de corruption dans l'affaire Petrobras. (Image - 21 mars 2017)

A la mi-mars, une enquête policière de deux ans a révélé que des douzaines de collaborateurs des autorités sanitaires ont été corrompus pour certifier que la viande avariée était propre à la consommation. Malgré 30 arrestations et la fermetures de plusieurs usines, le scandale ne fait que s'empiler aux récentes révélation de corruption dans l'affaire Petrobras. (Image - 21 mars 2017)

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Les avocats de l'ex-président brésilien poursuivent leur offensive à Genève contre la justice de leur pays. Avant même le début de son procès, ils ont estimé mercredi que le magistrat Sergio Moro condamnera leur client.

Luiz Inácio Lula da Silva doit être jugé pour corruption et blanchiment d'argent. Le procès devra se prononcer sur un vaste scandale politico-économique qui a notamment démarré avec l'affaire Petrobras, du nom d'une entreprise d'Etat active dans le pétrole.

Devant la presse, les avocats de Lula ont accusé le juge brésilien Sergio Moro de «condamner» par avance l'ancien président et de vouloir l'empêcher d'être candidat à la présidentielle de 2018. Ils veulent présenter vendredi au Comité des droits de l'homme de l'ONU de nouvelles «preuves» des violations des droits de leur client.

Fin juillet, M. Lula avait déposé une plainte auprès du Comité des droits de l'homme, qui a dit fin octobre l'avoir enregistrée. Mais la procédure pourrait prendre plusieurs années.

Mercredi, l'un des avocats, Cristiano Zanin Martins, a reproché au juge Moro d'avoir violé plusieurs articles du Pacte international sur les droits civils et politiques. Et sa consoeur Valeska Zanin Martins a, elle, déploré un «activisme judiciaire» illégal de la part de M. Moro, ainsi que la responsabilité des médias brésiliens.

«Aucune preuve»

Et de condamner un détournement du système judiciaire pour des raisons politiques, la violation de la présomption d'innocence, la publication d'écoutes téléphoniques ou encore des abus de pouvoir. M. Zanin Martins a encore dénoncé les accusations «absurdes» contre son client, considéré en septembre par le parquet comme le «chef suprême» du réseau de corruption.

«Il n'y a aucune preuve qu'il ait reçu de l'argent» ou toute autre contrepartie pour d'éventuelles faveurs, avait dit auparavant son collègue spécialiste des droits de l'homme Geoffrey Robertson. Les trois défenseurs ont détaillé pendant plus d'une heure une liste de reproches contre les autorités judiciaires brésiliennes.

Dans le cadre des investigations sur Petrobras, l'ancien président du Congrès des députés Eduardo Cunha a été arrêté récemment au Brésil. Il est accusé d'avoir dissimulé 1,5 million de dollars sur des comptes secrets en Suisse. Il y a huit mois, le Ministère public de la Confédération (MPC) avait dit avoir bloqué au total 800 millions de dollars présumés liés à cette affaire.

(ATS)

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