Actualisé

Procès à GenèveLa défense du mari comploteur balaie le mobile de l'argent

Une peine qui ne dépasse pas 5 ans, a demandé mercredi au Tribunal criminel de Genève Yaël Hayat, avocate du financier qui a voulu faire tuer sa riche épouse.

Lundi, le Ministère public a requis 18 ans de prison à l'encontre du mari et 16 ans à l'encontre du tueur à gages. Le verdict sera rendu vendredi.

Lundi, le Ministère public a requis 18 ans de prison à l'encontre du mari et 16 ans à l'encontre du tueur à gages. Le verdict sera rendu vendredi.

Me Hayat a axé sa plaidoirie sur le renoncement subit du mari. En raison de ce contrordre, donné de manière certaine le 12 février 2012, l'agression, dont sa femme a été victime une semaine plus tard dans le jardin de leur propriété de Chêne-Bougeries, n'aurait jamais dû se produire. Ses incohérences au moment des faits montrent bien qu'il ne s'attendait pas à être désobéi, a souligné l'avocate.

Me Hayat balaie le mobile de l'argent. Divorcé selon le régime des acquêts, il aurait touché 10 millions de francs. «Veuf, c'était plus aléatoire.» L'ambivalence des sentiments fait pencher pour un crime conjugal: «Elle l'a quitté pour un autre, il l'aime encore mais la hait. Il a fait d'elle une reine de la finance, il n'a plus rien.» Seule constance: sa peur de perdre ses enfants.

En dépression sévère

Début 2012, avant le contrordre et les faits, ce financier touché par la débâcle de Madoff en 2008 était heureux dans une nouvelle relation amoureuse. Sa compagne était enceinte. «Il était enfin prêt à divorcer, à tirer un trait et à sortir de l'impasse», a expliqué Me Hayat.

Jacques Barillon, l'autre défenseur du mari, est revenu sur ce sentiment d'impasse. Son client était en dépression sévère. Une maladie qu'il n'a pas regardée en face en raison de la haute idée qu'il se fait de lui-même, un trait propre aux personnalités narcissiques. L'expert psychiatre a d'ailleurs conclu à une responsabilité légèrement restreinte, a rappelé l'avocat.

Trois demandes de pardon

A la fin de l'audience, tant l'homme de main kosovar que l'intermédiaire principal - un entrepreneur proche du couple - et le mari ont demandé pardon à la victime, qui avait alors quitté la salle. «J'ai toujours eu confiance en la justice, je suis innocent», a déclaré le quatrième prévenu, accusé d'avoir recruté son cousin pour commettre le crime.

Lundi, le Ministère public a requis 18 ans de prison à l'encontre du mari et 16 ans à l'encontre du tueur à gages. Il a aussi réclamé des peines de 15 et 13 ans de prison pour les deux intermédiaires. Le verdict sera rendu vendredi en fin d'après-midi.

(ats)

Votre opinion