27.07.2020 à 14:14

Royaume-Uni

La défense du «Sun» dresse un portrait noir de Johnny Depp

L’avocate du journal britannique, Sasha Wass, a notamment invoqué 14 épisodes de violences dans sa plaidoirie. Elle a dépeint l’acteur comme un homme transformé en monstre par ses excès.

Le procès qui aura duré trois semaines doit s’achever mardi avec les plaidoiries des avocats de Johnny Depp.

Le procès qui aura duré trois semaines doit s’achever mardi avec les plaidoiries des avocats de Johnny Depp.

KEYSTONE

Violent, jaloux, en proie à des radicaux changements d’humeurs sous l’influence de l’alcool et des stupéfiants: la défense du «Sun» a dressé lundi un sombre portrait de Johnny Depp, qui poursuit le tabloïd britannique pour l’avoir qualifié de mari violent.

Pendant trois semaines, la vie du couple que formait la star de «Pirates des Caraïbes» avec l’actrice américaine Amber Heard, 34 ans, a été exposée jusque dans ses détails les plus sordides devant la Haute Cour de Londres. Entre les anciens époux, chacun accuse l’autre de mentir. Le «Sun» invoque 14 épisodes de violences, tous contestés par Johnny Depp.

À l’avant-dernier jour du procès, l’avocate du journal a entamé une plaidoirie en forme de réquisitoire. Sasha Wass a étrillé les excès de l’acteur de 57 ans, «sujet à des changements d’humeurs irrationnels» quand il a bu et consommé des stupéfiants.

«Le monstre»

«M. Depp a donné un nom à cette entité, le monstre», a-t-elle plaidé. L’état dans lequel le comédien se retrouve parfois du fait de ses excès l’empêche même d’en avoir des souvenirs, selon elle. Une foule de preuves sont venues aux yeux de l’avocate du quotidien à grand tirage prouver la violence de Johnny Depp à l’égard d’Amber Heard.

Aucun témoin n’a assisté à ces violences, a-t-elle concédé, mais par nature, les violences entre conjoints se tiennent «derrière des portes closes», «la victime peut aimer l’auteur», le craindre et refuser de porter plainte.

Amber Heard «aimait» Johnny Depp, qu’elle avait rencontré en 2011 sur le tournage de «Rhum Express», les débuts de leur relation, à une époque ou Johnny Depp était «clean», étaient «idylliques», a poursuivi Sasha Wass. Mais à partir de mars 2013, Johnny Depp a été rattrapé par ses vieux démons. «Johnny Depp savait que drogues et alcool pouvaient le transformer en monstre», a affirmé l’avocate.

À ce cocktail s’ajoute un «catalyseur» aux «explosions» de violence de Johnny Depp: la «jalousie» de l’acteur à l’égard d’Amber Heard, que ce soit envers l’ancienne compagne de l’actrice américaine ou les hommes avec qui il lui prêtait des relations extraconjugales.

Inversion des rôles

Amber Heard, elle, espérait toujours parvenir à sortir l’homme qu’elle aimait de ses addictions. Face à ce que l’avocate qualifie de «preuves écrasantes de violences domestiques», Johnny Depp répond qu’il s’agit d’un coup monté de la part d’Amber Heard et de ses proches. La thèse d’un complot planifié est «risible», a estimé l’avocate.

Sasha Wass a fustigé les «tentatives» de Johnny Depp «d’inverser les rôles». Boisson, drogues, violences, quand Johnny Depp est mis en cause, il accuse Amber Heard des mêmes maux, a-t-elle plaidé, la justice «n’est pas là pour déterminer qui a bu le plus, qui a pris le plus de drogues».

«Peu importe au tribunal de savoir si Amber Heard a rendu les coups ou même perdu ses nerfs», a-t-elle plaidé, «la question est de savoir si M. Depp a commis des violences illicites à l’encontre de Mlle Heard», c’est-à-dire hors contexte de légitime défense.

Choc de générations

Elle a écarté la thèse d'une Amber Heard mue par l'appât du gain, rappelant que l'accord de divorce conclu entre les deux époux prévoyait que les millions de dollars versés par Johnny Depp seraient destinés à des associations.

L'avocate a souligné les «similitudes déconcertantes» dans les témoignages des employés de Johnny Depp, qui, accuse-t-elle, ont donné de «fausses preuves», ce dont ils se sont défendus lors de leurs interrogatoires par l'avocate.

Il existait selon elle un «choc de culture» et de «générations» entre Johnny Depp et Amber Heard, «il ne pouvait pas la contrôler», ce qui l'a fait replonger, dit-elle, dans ses excès. Selon l'avocate, il n'y a «aucun doute» que l'acteur a «régulièrement» été violent avec l'actrice et que le «Sun» pouvait ainsi le qualifier comme il l'a fait.

Le procès s'achève mardi avec les plaidoiries des avocats de Johnny Depp. Le jugement sera ensuite mis en délibéré à une date ultérieure.

(AFP/NXP)

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