Football: La délivrance par le jeu
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FootballLa délivrance par le jeu

En battant encore une fois le Benfica Lisbonne (0-2), les Bâlois ont assuré sans (trop) trembler leur billet pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions.

par
Florian Müller
Lisbonne
Photo: Le Matin.

Photo: Le Matin.

C’est un exploit aussi historique que prometteur. Avec une équipe jeune, cohérente et bourrée de talent, le FC Bâle s’est qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Le voilà assuré d’une place dans le gotha du football européen au printemps, fort de certitudes inédites.

Les hommes de Raphaël Wicky ont en effet remporté quatre matches sur six, battant au moins une fois avec manière et maturité chacun de leurs adversaires, et enfilant au passage sept perles au Benfica Lisbonne. En une onomatopée: whaou!

Le caviar de Lang

Même dans ses rêves les plus fous, le FC Bâle n’aurait pu imaginer une entrée en matière plus fracassante au Stade de la Luz. Sur son premier débordement, Michael Lang adressait un centre parfaitement enroulé pour trouver la tête de Mohamed Elyounoussi. Le Norvégien ajustait le caviar pour tromper Mile Svilar. Voilà les Rhénans qui venaient de se payer le luxe de pouvoir gérer leur match. Une partition toujours périlleuse à interpréter; car qui gère, s’expose forcément. Mais le FCB n’a pas reculé. Pas trop du moins. Suffisamment haut pour tenir les Lisboètes à distance respectable, pas assez pour vraiment prendre l’ascendant sur le jeu. Un équilibre précaire qui nuira notamment à Dimitri Oberlin, trop souvent dos au but et dans l’impossibilité de lancer ses courses foudroyantes.

Un coup d’œil vers Old Trafford à l’heure du thé, où le CSKA Moscou venait d’ouvrir le score, confortait les Bâlois dans leur plan de jeu: il allait falloir la tenir, cette victoire, au courage et au forceps. Continuer à jouer, fidèles à leur philosophie largement éprouvée. Et ne surtout pas compter sur un relâchement de Haris Seferovic – un des meilleurs hommes sur le terrain côté lisboète – et ses coéquipiers au regard de la faible assistance. Il aura fallu un coup de tête d’Akanji, subtilement prolongé par Oberlin, pour que le FC Bâle tienne sa délivrance. Par le jeu, comme toujours. Exactement au même instant, Manchester United inscrivait coup sur coup deux buts. En quelques secondes, les Rhénans voyaient quatre mois d’efforts consacrés en apothéose.

Saison européenne réussie

Comme en 2012 (Bayern Munich) et en 2015 (Porto), Bâle aura donc le redoutable privilège de se frotter à une des quinze meilleures équipes d’Europe au printemps – sans succès jusque-là. Reste à savoir quel cadeau empoisonné le sort lui réservera cette fois. C’est lundi prochain, à midi tapante du côté de Nyon, que le FC Bâle sera fixé. Peu importe le tirage, il sera étourdissant: les seconds affrontent les premiers de groupes, c’est la règle immuable qui évite aux gros poissons de se dévorer entre eux. Seule certitude, quoiqu’il arrive, Bâle a déjà réussi sa saison européenne. Rien ne l’empêche alors, fort de cet acquis, de rêver plus grand.

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