Jura bernois - La députée exporte ses igloos en pierres sèches
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Jura bernoisLa députée exporte ses igloos en pierres sèches

Une enseignante écologiste a fait des constructions en pierres sèches sa deuxième profession, avec un mandat décroché au Luxembourg.

par
Vincent Donzé
La députée de Tramelan Moussia de Watteville a construit un igloo en pierres sèches de 2,5 mètres de haut.

La députée de Tramelan Moussia de Watteville a construit un igloo en pierres sèches de 2,5 mètres de haut.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Elle s’amuse à dire que ses igloos sont les seuls au monde qui ne fondent jamais: députée au Grand Conseil bernois, l’enseignante verte Moussia de Watteville (49 ans) a fait de la construction en pierres sèches son deuxième métier. Après avoir construit un igloo sans mortier qui fait référence à Mont-Soleil, la voilà mandatée au Grand-Duché du Luxembourg, au Centre nature et forêt Biodiversum Camille Gira, à Remerschen.

Selon l’hebdomadaire «Biel Bienne», le projet mené par le Grand-Duché est international, avec des spécialistes suisses et français qui pourront s’entraider. Si la situation sanitaire le permet, il sera réalisé avant l’été, dans un lieu public fréquenté par les écoliers et sécurisé contre les vandales. Aiguillée par son mentor valaisan Martin Lutz, Moussia de Watteville prévoit de séjourner le mois prochain à Remerschen.

À Mont-Soleil, la muretière de Tramelan a empilé seule mille cailloux en 120 heures. Huit tonnes de pierres sèches pour une construction unique dans sa région. C’était il y a trois ans. Peut-on vraiment parler d’igloo? «Si je l’appelle borie ou beehive, personne ne voit de quoi je parle», disait alors la députée, en évoquant un abri pour un berger et son garde-manger.

À l’intérieur, on peut y manger une fondue à quatre, assis sur des bidons.

À l’intérieur, on peut y manger une fondue à quatre, assis sur des bidons.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Les cailloux, Moussia de Watteville les aime plats. Elle les trouve de préférence en épierrant un champ. La caillasse est empilée dans un ordre bien précis, selon des courbes calculées et dessinées dans un calepin. Chaque pierre posée complique la suite: «C’est un puzzle en 3D, plus compliqué qu’un Rubik’s Cube», dit-elle. Difficulté majeure: fermer l’igloo sans qu’il s’écroule.

À Mont-Soleil, des ouvriers qui ont creusé le sol calcaire pour des éoliennes lui ont livré les pierres, mais pour son projet luxembourgeois, elle devra se procurer sa matière première en Allemagne. Et pas qu’un peu: 32 tonnes! Les pierres les plus lourdes pèsent jusqu’à 120 kilos et nécessitent l’utilisation d’un treuil installé sur un pont roulant.

Son monument de Mont-Soleil a nécessité huit tonnes de pierre, il en faudra 32 au Grand-Duché.

Son monument de Mont-Soleil a nécessité huit tonnes de pierre, il en faudra 32 au Grand-Duché.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Au Centre nature et forêt Biodiversum, il s’agira d’assembler 16 m³ de cailloux, un travail qui nécessitera 350 heures répartis sur deux mois. Moussia de Watteville prévoit de réaliser un cylindre vertical, côté intérieur, avant de progresser avec des cercles concentriques de plus en plus petits, à l’extérieur, pour finir par la clé de voûte, comme l’a expliqué «Le Journal du Jura». Diamètre maximal: 3,5 mètres.

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