Cocasse: La députée s’octroie la place handicapé
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CocasseLa députée s’octroie la place handicapé

L’ex-préfète du Nord vaudois Pierrette Roulet-Grin, parlementaire et présidente du TCS Vaud, a été épinglée en flagrant délit de parcage illicite dans une rue d’Yverdon.

par
Sarah Zeines
Le véhicule de la femme politique a été repéré sur une place normalement destinée aux personnes munies du macaron spécifique, jeudi après-midi.

Le véhicule de la femme politique a été repéré sur une place normalement destinée aux personnes munies du macaron spécifique, jeudi après-midi.

C’est un peu l’histoire de l’arroseur arrosé. Longtemps représentante du Bureau des contraventions alors qu’elle était préfète du Nord vaudois, la présidente du TCS Vaud et députée PLR au Grand Conseil vaudois Pierrette Roulet-Grin est au cœur d’un buzz insolite. En cause? Une série de photos, partagées jeudi sur Facebook et sur lesquelles on voit la voiture de la sexagénaire garée sur une place réservée aux personnes handicapées. Sur le pare-brise, un petit mot informe les passants que ce parcage n’est que provisoire. «Handicapée, jambe plâtrée», peut-on ainsi lire sur le petit bout de papier jaune. Avec, en complément, la signature de la femme politique précisant sa fonction de «députée». Une manière de faire qui pose question.

«Faisant cas de ma mobilité très réduite pour 8 semaines, j’ai demandé à l’intendance de La Marive s’il y avait des places de parc pour ce genre de handicap et on m’a indiqué qu’il y avait deux places face à l’entrée de la salle. J’ai ainsi pu assister à la présentation, explique Pierrette Roulet-Grin. J’ai un plâtre jusqu’au genou suite à une opération mi-février et je remplis régulièrement mes fonctions communales et cantonales.» Elle assure être en mesure de conduire, malgré sa blessure. «Je circule en voiture automatique et je n’ai besoin que de ma jambe droite, qui fonctionne parfaitement bien.»

Le chef de police secours du Nord vaudois est pourtant catégorique: «Les véhicules qui se parquent sur des cases réservées aux personnes handicapées doivent être munis d’un macaron d’autorisation délivré par le Service des automobiles. Si nos agents constatent un véhicule dépourvu de cette autorisation officielle, il est amendé», explique le premier lieutenant Cédric Perrin. Quant à l’aptitude à la conduite des personnes ayant un handicap temporaire, elle est déterminée au cas par cas. «En principe, la jambe droite suffit pour une voiture automatique, l’infirmité ne devant en aucun cas provoquer une gêne», précise le policier.

Contacté, l’internaute à l’origine des photos tient à expliquer sa démarche. «Je ne veux pas déclencher une polémique, mais j’ai trouvé que le geste de la députée était gonflé, compte tenu de sa position au Parlement. J’ai pensé qu’il serait intéressant de montrer cela sur les réseaux sociaux, relève cet habitant d’Yverdon, qui préfère garder l’anonymat. Cette personne a tout de même été chargée des contraventions. Éthiquement, ce n’est donc pas très correct de se comporter ainsi.»

«Pas vu, pas pris»

Après la publication de cette histoire, Mme Roulet-Grin est-elle susceptible d’être amendée? «Pas vu, pas pris, insiste le premier lieutenant Perrin. En matière d’amende d’ordre, nous ne verbalisons que ce qui est constaté par un policier ou un assistant de sécurité publique.»

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