Polémique - La dérive «fascisante» du président de l’UDC

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PolémiqueLa dérive «fascisante» du président de l’UDC

La conseillère nationale Céline Amaudruz (UDC/GE) et le conseiller aux États Carlo Sommaruga (PS/GE) ont débattu des villes «parasites» à majorité rose verte.

par
Eric Felley
En s’acharnant sur les villes «parasites» à majorité rose-verte en Suisse, le président de l’UDC dérange même dans son camp.

En s’acharnant sur les villes «parasites» à majorité rose-verte en Suisse, le président de l’UDC dérange même dans son camp.

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Le discours du 1er août du président de l’UDC, Marco Chiesa, continue de faire des vagues depuis dimanche. Lundi c’est l’émission «Forum» sur la RTS qui est revenue sur son agressivité envers les villes suisses à majorité rose verte: «La politique des villes de gauche est la politique des parasites, a martelé Marco Chiesa. Ils sont les champions du monde pour accaparer et dépenser l’argent que d’autres ont gagné. Comme les parasites, ils vivent aux crochets des autres».

Des assistés plutôt que des parasites

La conseillère nationale et vice-présidente du parti, Céline Amaudruz (UDC/GE), a distingué la forme du fond. Sur la forme, elle concède qu’elle n’aurait pas utilisé le terme «parasite», qui a une «connotation blessante pour certains». Sur le fond, elle confirme les propos de son président qui «a voulu dénoncer la politique qui est menée au sein des villes, qui ne correspond pas à notre politique à l’UDC et que nous dénonçons… Les villes créent souvent une politique d’assistanat, qui me paraît le terme plus adéquat».

Pour Carlo Sommaruga (PS/GE), l’utilisation du terme «parasite» n’est pas innocente: «Marco Chiesa le répète six fois dans son discours, c’est un terme qui est bien pensé, et on ne peut pas passer dessus comme ça. Ce qu’il faut voir là derrière, c’est le mépris pour les personnes qui sont actives dans les villes et qui font aussi la richesse du pays. Le fait de traiter des individus, voire des cantons, de «parasites», cela a une connotation fascisante. C’est-à-dire qu’on déshumanise la personne en la traitant d’organisme méprisable et nocif pour la société, c’est extrêmement grave dans le discours».

«La gauche répond aux attentes de la population des villes»

Sur le fond toujours, le conseiller aux États socialiste constate: «La gauche, et les socialistes en particulier ont réussi à répondre aux attentes de la population sur le bien-vivre en ville, la qualité de la vie. C’est pour cela qu’on vote aujourd’hui dans toutes les villes en Suisse à gauche, plutôt que pour la vision passéiste et complètement déconnectée de la réalité que propose l’UDC dans les centres urbains».

Un système de redistribution à combattre

Céline Amaudruz dit respecter le vote des populations urbaines: «Mais il faut savoir pourquoi les gens votent comme ça, ajoute-t-elle. On a créé dans les villes un système où, de plus en plus, nous perdons le sens de la responsabilité individuelle, où il y a beaucoup de personnes, on peut le dire ainsi, qui vivent au crochet de la société (…) En l’occurrence pour distribuer, il faut prendre, parce que l’argent ne tombe pas du ciel. Et où prenons-nous l’argent? Auprès des personnes qui contribuent, qui paient des impôts, et ce sont dans les villes où l’on trouve les impôts les plus élevés… Avec l’UDC, nous voulons combattre ce système.»

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