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ConstructionLa direction de Pavatex bloque les salaires des grévistes

Le bras de fer se poursuit entre la direction et les grévistes. Suite à l'arrêt de la production de l'usine à Fribourg, la direction de l'entreprise suspend les salaires des travailleurs en grève.

L'usine Pavatex fabrique des panneaux isolants en fibres de bois.

L'usine Pavatex fabrique des panneaux isolants en fibres de bois.

Archives/photo d'illustration, Keystone

Malgré les menaces de la direction, les employés de Pavatex ont de leur côté décidé de poursuivre la lutte aussi longtemps qu'ils n'obtiendront pas gain de cause.

La direction de l'usine de panneaux isolants en fibres de bois avait donné un temps de réflexion jusqu'à mercredi 13h aux grévistes. Passé ce délai, la firme se réserve le droit de suspendre le salaire des travailleurs en grève.

La cessation des activités tout comme le verrouillage de l'acheminement de la marchandise par les travailleurs sont jugés illégaux par l'entreprise. Dans ce genre de situation, la firme concernée n'est pas obligée de rétribuer ses employés. Le versement du salaire est alors partiellement assumé par les syndicats.

«Par cette mesure, nous souhaitons également compenser la perte financière que représente cette grève», a indiqué à l'ats mercredi Martin Tobler, directeur marketing de la société. Les coûts entraînés par cette opération de blocage sont estimés par la firme à 100'000 francs par jour.

Pertes d'exploitation contestées

Du côté d'Unia, l'annonce de ne plus rémunérer les grévistes n'est pas une surprise. L'organisation syndicale dénonce, cependant, le ton et la manière avec lesquels ces menaces ont été proférées.

Pour le syndicat, l'argument de l'appauvrissement de l'entreprise par la grève ne résiste pas à l'épreuve des faits. Les employés des deux autres sites de production du groupe, Cham (ZG) et Golbey en France, sont au chômage technique ce qui prouve, aux yeux du syndicat, que les pertes d'exploitation ne sont pas si énormes.

Unia juge, en outre, la grève tout à fait légale. Demander un plan social est une pratique courante. C'est même la norme en Suisse. Pour le syndicat, cette action a force de convention collective, au niveau du droit.

Moins d'un quart des employés au travail

Pour l'heure Pavatex indique que dix employés sont disposés à travailler: quatre étaient, dès le début, opposés à la grève et six autres se sont annoncés suite à l'avertissement donné de ne plus verser de salaire. La veille, selon le syndicat, 43 des 45 employés touchés par les licenciements soutenaient le mouvement de protestation.

Pour rappel, les travailleurs de Pavatex sont entrés en grève mardi après-midi, suite au refus de l'entreprise de collaborer avec le syndicat Unia pour la mise sur pied d'un plan social. Il y a deux semaines, la direction avait annoncé la fermeture de l'usine fribourgeoise.

(ats)

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