Coronavirus: «La direction est la bonne, le rythme pas encore»
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Coronavirus«La direction est la bonne, le rythme pas encore»

Mardi, l’Office fédéral de la santé publique a annoncé que les contaminations et les hospitalisations dues au coronavirus diminuaient en Suisse, mais que les variantes pourraient changer la donne. La question de la vaccination a aussi été abordée.

par
Catherine Bex Bourqui
Patrick Mathys est chef de la section Gestion de crise à l’Office fédéral de la santé publique.

Patrick Mathys est chef de la section Gestion de crise à l’Office fédéral de la santé publique.

Capture d’écran

«La direction est la bonne, le rythme pas encore», a expliqué Patrick Mathys, chef de la section Gestion de crise et coopération internationale à l’Office fédéral de la santé publique, mardi. Il se réfère aux chiffres actuels de la pandémie, qui sont en baisse. L’aplatissement de la courbe des infections a toutefois diminué ces derniers jours.

Le nombre d’hospitalisations diminue également, même si 70% des lits de soins intensifs sont toujours occupés par des cas Covid. Mais les nouvelles variantes de coronavirus inquiètent l’OFSP. Plus de 1100 cas ont actuellement été détectés en Suisse. «L’objectif doit continuer d’être: une diminution claire et rapide du nombre de cas. Cela demande beaucoup d’efforts de notre part à tous», précise Patrick Mathys.

L’objectif serait de contracter moins de 300 nouvelles infections par jour le plus rapidement possible, selon lui.

Objectifs atteints en janvier

La vice-directrice de l'Office fédéral de la santé publique a annoncé qu’un peu plus de 130’000 vaccins se trouvaient sur sol suisse. Les objectifs pour le mois de janvier sont atteints. Tous les cantons vaccinent à présent.

«La vaccination est un élément des mesures de protection contre le coronavirus, elle n’annule aucune autre mesure de protection», explique cependant Christoph Berger, président de la Commission fédérale pour les questions de vaccination.

«Le nombre de nouvelles infections, hospitalisations et décès diminue chaque jour», s’est pour sa part réjoui Martin Ackermann, président de la Task Force COVID-19. «On n’aurait pas pu le supposer.»

«Plus de potentiel de tuer»

La question reste toutefois ouverte de savoir si les nouvelles mutations sont plus mortelles ou non. «Les variantes sont plus contagieuses. Et un virus plus contagieux a plus de potentiel de tuer des gens qu’un virus plus mortel», estime Martin Ackermann.

En Suisse, la variante britannique représente actuellement 10% des nouvelles infections. «Nous supposons que d’ici mars, ce sera plus de 50%», selon le président de la Task Force, qui estime le taux de doublement à toutes les deux semaines.

Et les femmes enceintes?

Christoph Berger est revenu sur le cas des femmes enceintes et pourquoi il valait mieux qu’elles ne soient pas vaccinées: «Ce n’est pas parce que ce serait dangereux pour elles, mais parce qu’aucune femme enceinte n’a été incluse dans les études de vaccination.» En cas de risque élevé, une vaccination reste toutefois possible, selon lui.

Concernant les mesures prises le 18 janvier par la Confédération, leurs effets ne peuvent pas encore être estimés.

«Nous suivons la situation de très près»

Quant à savoir si la Suisse pourrait ou non manquer de vaccins, Nora Kronig a tenu à rassurer. «Nous suivons la situation de très près. Nous verrons comment la discussion évoluera au sein de l’UE et comment nous nous positionnerons.» Et la responsable de la division Affaires internationales à l’OFSP d’ajouter: «Pour le moment, cela ressemble à des fluctuations.»

Elle a également précisé que la Suisse avait acheté 15 millions de doses, mais que la livraison de ces vaccins représente un «défi».

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