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CalifornieLa disciple de Charles Manson ne sortira pas de prison

Leslie Van Houten, condamnée la perpétuité pour un double meurtre commis sur ordre du gourou en 1969, devait être libérée. Le gouverneur de l’État a annulé cette décision.

par
Michel Pralong
Le 20 août 1970, Susan Atkins, Patricia Krenwinkel et Leslie Van Houten, à droite arrivent tout sourire à leur procès, avec une blessure en forme de croix qu’elles viennent de s’infliger sur le front, comme leur maître.

Le 20 août 1970, Susan Atkins, Patricia Krenwinkel et Leslie Van Houten, à droite arrivent tout sourire à leur procès, avec une blessure en forme de croix qu’elles viennent de s’infliger sur le front, comme leur maître.

KEYSTONE

C’est à la peine de mort que Leslie Van Houten avait été condamnée le 29 mars 1971, mais la sentence avait été commuée en prison à perpétuité en 1978. En juillet dernier, elle avait toutefois obtenu, à 71 ans, sa libération de la part de commission des libérations conditionnelles. Mais la loi californienne donne le dernier mot au gouverneur de l’État et, le 27 novembre dernier, le démocrate Gavin Newsom a dit non. Pour lui, cette femme reste un danger, peut-on lire dans le «New York Times».

Leslie Van Houten fait en effet partie de la terrifiante famille de Charles Manson, secte qui commit des meurtres sauvages à Los Angeles en 1969. Elle ne fit pas partie de l’équipe responsable du plus célèbre des massacres, celui de Sharon Tate, l’épouse de Roman Polanski, et de quatre autres personnes, le 9 août de cette année-là. Mais elle était présente, le lendemain, et a participé au meurtre de Leno et Rosemary Labianca.

Une quinzaine de coups de couteau

Ce soir-là, Manson emmène trois des membres de sa «famille» à la recherche d’une maison dans laquelle perpétrer de nouveaux assassinats. Il a avec lui son bras droit Charles Watson et Patricia Krenwinkel, qui ont participé tous deux au meurtre de Sharon Tate le jour d’avant, ainsi que Leslie Van Houten, 19 ans dont Manson voulait tester la loyauté. Les deux hommes entrent d’abord chez les Labianca, ligotent le mari, isolent la femme dans sa chambre et volent l’argent. Manson sort alors et dit aux deux femmes de rejoindre Watson. Ce dernier les envoie surveiller Rosemary Labianca tandis qu’il se met à poignarder son mari. Entendant cela, sa femme se débat et Leslie Van Houten la poignarde à la clavicule, sans parvenir à la calmer. Watson arrive alors et lui inflige huit coups de baïonnette avant de retourner s’acharner sur le mari, toujours vivant. Ses deux complices poignardent alors Rosemary, Leslie Van Houten dira l’avoir frappée entre 14 et 16 fois.

Après ces meurtres sauvages, le trio reste un moment dans la maison, Leslie changeant notamment d’habits et buvant du lait chocolaté trouvé dans le frigo. La jeune femme sera arrêtée trois mois plus tard. En arrivant à son procès, tenant la main de Patricia Krenwinkel et de Susan Atkins (qui a participé au meurtre de Sharon Tate), elle est comme les deux autres, tout sourire, et ricanera durant les débats.

Leslie Van Houten, adepte des drogues hallucinogènes, avait été forcée par sa mère à avorter alors qu’elle avait 17 ans. Elle avait ensuite, dès 1967, cherché à s’intéresser à différentes formes de spiritualité avant d’entendre parler de Charles Manson et de sa famille, groupe qu’elle rejoint en 1968.

Leslie Van Houten lors d’une précédente demande de libération conditionnelle, en 2002.

Leslie Van Houten lors d’une précédente demande de libération conditionnelle, en 2002.

AFP

Enfermée depuis sa condamnation à la prison pour femmes de Chino, tout comme Patricia Krenwinkel, Leslie Van Houten a déjà obtenu quatre fois une libération conditionnelle. Qui a chaque fois été annulée par le gouverneur en poste, dont deux fois par l’actuel, Gavin Newsom. Dix-neuf autres demandes de libération ont été refusées.

«Elle représente un danger déraisonnable»

«Je reste préoccupé par l’explication par Mme Van Houten de sa participation à ce double meurtre horrible, qui fait partie d’une série de crimes qui comptent parmi les plus infâmes et les plus effrayants de l’histoire de la Californie», a déclaré M. Newsom. Il a certes reconnu qu’elle avait un dossier disciplinaire exemplaire, qu’elle avait participé à des programmes d’entraide et obtenu un baccalauréat et une maîtrise pendant son incarcération. Mais «considérée dans son ensemble, a-t-il dit, je trouve que les preuves montrent qu’elle représente actuellement un danger déraisonnable pour la société si elle est libérée de prison maintenant».

Une pétition, lancée sur internet par Debra Tate, la sœur de Sharon Tate, pour s’opposer à la libération conditionnelle de Leslie Van Houten, a recueilli plus de 170 000 signatures.

L’avocat de Leslie Van Houten a annoncé qu’il allait faire recours contre cette décision, aucune preuve ne venant justifier selon lui le refus du gouverneur. De plus, il estime qu’à 71 ans, sa cliente court un risque élevé d’être exposée au coronavirus en prison.

Patricia Krenwinkel (72 ans) et Charles Watson (74 ans) sont toujours emprisonnés. Susan Atkins est morte derrière les barreaux en 2009, à 61 ans et Charles Manson en 2017, à 83 ans.

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11 commentaires
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le chat puant

02.12.2020 à 16:48

elle a la meme tète que une de mes ancienne prof qui était vraiment pas sympa comme tout les prof

le plombier de nulle part

02.12.2020 à 16:41

elle a foutu des coup de couter mortel vider la j'ai un diplome de boucher en plus de mes autre étude

MAERKLIN

01.12.2020 à 09:52

Mille bravos