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CinémaSuzy Delair, la doyenne des comédiennes françaises est morte

La dernière survivante du «Quai des Orfèvres» et de «L'Assassin habite au 21», s'est éteinte à 102 ans.

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LeMatin.ch
Suzy Delair sur le tournage de Quai des orfèvres, classique du cinéma français réalisé par Henri-Georges Clouzot et dans lequel elle interprète le fameux «Avec son tralala».

Suzy Delair sur le tournage de Quai des orfèvres, classique du cinéma français réalisé par Henri-Georges Clouzot et dans lequel elle interprète le fameux «Avec son tralala».

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Suzy Delair est décédée dimanche 15 mars à l'âge de 102 ans . En 2017, après la disparition de Danielle Darrieux, elle était devenue la doyenne du cinéma et du music-hall français.

La Parisienne était notamment célèbre pour le rôle de Jenny Lamour dans «Quai des Orfèvres» (1947) et pour son interprétation de «La Vie parisienne» d'Offenbach dans la version de la compagnie Renaud-Barrault. Suzy Delair avait également joué le premier rôle féminin du dernier Laurel et Hardy!

Suzy Delair interprète «Avec mon tralala»

Pour «Le Point», elle était «la dernière représentante d'un type de Parisienne populaire, piquante, insolente, vivant pour la scène mais aussi pour l'amour, comme l'avaient été Mistinguett ou Yvonne Printemps».

Star dès la fin des années 1940

Fille d'un artisan et d'une couturière, Suzette Delaire (de son nom d'état civil) avait commencé dès les années 1930, encore adolescente, aux Bouffes Parisiens et au Châtelet. Elle partageait alors une chambre avec la jeune Darrieux, sa presque jumelle. C'est sa rencontre avant-guerre avec le cinéaste Henri-Georges Clouzot, dont elle devient la compagne, qui la fait passer en haut de l'affiche dans «Le dernier des six» en 1941, puis «L'assassin habite au 21» en 1942.

Suzy Delair dans «L'assassin habite au 21»

La fin des années 1940 et le début des années 1950 voient culminer sa carrière cinématographique avec des films comme «Quai des Orfèvres (et sa fameuse chanson du «tralala»), «Pattes blanches» de Jean Grémillon (1949), «Lady Paname» d'Henri Jeanson (1950), «Le couturier de ces dames» en duo avec Fernandel (1955), «Gervaise» de René Clément (1956), et même «Rocco et ses frères» de Visconti (1960) où son apparition est aussi brève que remarquée.

Pas d'hommage aux César

Suzy Delair poursuit aussi activement sa carrière musicale, enchaînant tours de chant, disques et opérettes. À Nice, en 1948, elle interprète devant Louis Amstrong «C'est si bon» – chanson qui n'a pas encore connu le succès et que le trompettiste reprend pour en faire un tube mondial. Quand elle joue en 1958 le rôle de Métella dans «La Vie parisienne», puis dix ans plus tard «La Périchole», tous s'accordent pour la désigner comme une offenbachienne hors pair. Son dernier rôle marquant est celui de l'épouse dentiste et survoltée dans «Les aventures de Rabbi Jacob».

Si, en 2006, elle est promue Officier de la Légion d'honneur, les César ne lui ont jamais rendu l'hommage que sa carrière méritait.

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