France: La droite largement favorite des sénatoriales
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FranceLa droite largement favorite des sénatoriales

Le mode de scrutin des sénatoriales de dimanche favorise les candidats de droite. LREM espère faire élire 40 à 50 sénateurs en son nom.

1996 candidats - un record - sont en lice pour 171 sièges remis en jeu sur un total de 348. (Image d'archive)

1996 candidats - un record - sont en lice pour 171 sièges remis en jeu sur un total de 348. (Image d'archive)

AFP

La droite républicaine devrait préserver sa majorité au Sénat au sortir des élections de dimanche. La République en marche (LREM) du président Emmanuel Macron nourrit en effet des espoirs limités en raison d'une actualité et d'un mode de scrutin défavorables.

Quatre mois après l'élection présidentielle, l'enjeu pour le parti au pouvoir reste de nouer suffisamment d'alliances avec des centristes, républicains, socialistes et autres radicaux «pour obtenir une majorité relative au Sénat et faire passer les grandes réformes» constitutionnelles, dit un élu LREM.

Une majorité des trois cinquièmes au Parlement (assemblée nationale et Sénat) permettrait à Emmanuel Macron de faire voter sa grande réforme institutionnelle prévoyant notamment la baisse d'un tiers du nombre de parlementaires. Le résultat de dimanche et les négociations qui suivront sur la constitution de groupes s'observeront donc à l'élu près.

171 sièges en jeu

Selon le ministère de l'intérieur, 1996 candidats - un record - sont en lice pour 171 sièges remis en jeu sur un total de 348. En France, les sièges de sénateurs sont renouvelés par moitié tous les trois ans par un collège de grands électeurs, au nombre de 76'359 cette année, dont une écrasante majorité d'élus municipaux.

«C'est en quelque sorte le troisième tour des municipales. LREM part d'une page blanche dans la mesure, où nous n'avons aucun élu parmi les grands électeurs», explique l'un des 29 membres du groupe LREM au Sénat créé au printemps dernier sous la houlette de l'ex-socialiste François Patriat.

Face à la victoire annoncée de la droite, Philippe Gosselin, député LR de la Manche, juge pour sa part «sain qu'une des chambres puisse faire entendre une autre voix et que la navette parlementaire soit la traduction de cette diversité».

Le vote indirect favorise en effet un traditionnel clivage droite-gauche que La République en marche, née il y a 18 mois, entend bouleverser même si sa majorité absolue à l'assemblée nationale, qui a le dernier mot, lui permet de procéder à la plupart des réformes en cas de désaccord avec le Sénat.

Alliances

En pleine rentrée sociale, ce scrutin aura aussi valeur de test pour l'exécutif avant une longue période sans vote, jusqu'aux élections européennes de mai 2019. Si certains élus pourraient être tentés par le renouvellement incarné par l'Elysée, d'autres sont refroidis par les récentes décisions gouvernementales, comme la baisse des subventions aux collectivités locales, la suppression partielle de la taxe d'habitation et la réduction des emplois aidés.

Largement majoritaire à l'assemblée nationale, LREM espère, au Sénat, passer au mieux de la place de quatrième force politique à la deuxième, derrière Les Républicains. S'il ne pense guère faire élire plus de 40 à 50 sénateurs en son nom, le parti présidentiel compte ensuite s'allier avec des élus favorables à la politique d'Emmanuel Macron - sachant que 180 sénateurs sont nécessaires pour atteindre la majorité des trois cinquièmes au Parlement.

Pas de candidat de Mélenchon

A l'image du groupe dit des constructifs, créé à l'assemblée nationale, qui réunit 35 députés Les Républicains (LR) et de l'union des démocrates et indépendants (UDI), des sénateurs de droite s'apprêtent à créer un groupe du même type sous la houlette de la sénatrice du Bas-Rhin, Fabienne Keller.

Au Sénat, 10 élus suffisent pour constituer un groupe parlementaire, contre 15 à l'assemblée nationale. Active au Palais-Bourbon, où son groupe compte 17 membres, La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon a fait l'impasse sur les sénatoriales, où elle ne présente aucun candidat.

Le parti communiste français (PCF) joue en revanche gros, puisque seize de ses 18 sièges de sénateurs sont remis en jeu. Cette élection «risque d'être plus favorable à la droite qu'aux forces de gauche, mais nous sommes confiants dans le fait que nous allons garder un groupe au Sénat», déclarait ce week-end Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et candidat à sa réélection à Paris.

(ats)

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