Guerre en Ukraine – UDC et PLR veulent 20’000 soldats et 2 milliards de plus pour l’armée

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Guerre en UkraineUDC et PLR veulent 20’000 soldats et 2 milliards de plus pour l’armée

Les deux partis de droite veulent une hausse des dépenses militaires ainsi que des effectifs. Le PLR propose même un exercice de mobilisation.

L’UDC devant la presse à Berne.

L’UDC devant la presse à Berne.

UDC

Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, de nombreux politiciens s’inquiètent de la sécurité du pays. Ce lundi, tant l’UDC que le PLR sont montés au créneau pour réclamer le renforcement de l’armée. Il faut augmenter les dépenses pour la défense de la Suisse de 2 milliards de francs, soit 1% du PIB, et augmenter les effectifs de l’armée de 20’000 soldats, exigent-ils. 

L’UDC qui tenait un point presse à Berne, a rappelé que la neutralité armée perpétuelle, inscrite dans la Constitution, a épargné la Suisse de conflits sanglants depuis plus de 200 ans et a permis de vivre en paix et en sécurité. «Mais les événements à l’est de l’Europe nous montrent que la paix n’est pas quelque chose qui va de soi», estime-t-elle. 

1% du PIB pour l’armée et exercice de mobilisation

Tant l’UDC que le PLR demandent donc que l’armée soit rapidement mieux équipée et de façon plus complète. Le Conseil fédéral est appelé, dans une première phase, à porter les moyens annuels au minimum à 7 milliards de francs (soit 2 de plus qu’aujourd’hui) pour arriver à 1% du PIB. En comparaison, la Suisse ne se situerait alors toujours qu’à la moitié de ce que prévoit l’Allemagne (+100 milliards d’euros à 2% du PIB) et du niveau de dépenses de défense de 2% du PIB exigé par l’OTAN à ses États membres, soulignent-ils.

Les deux partis veulent augmenter les effectifs de l’armée d’un cinquième, à 120’000 personnes et «le plus rapidement possible», précise le PLR. La capacité de défense contre une guerre conventionnelle doit être prise en compte. En outre, l’accent doit être mis sur la défense du cyberespace. Le PLR estime même qu’il faudrait un exercice de mobilisation afin de corriger les erreurs dans le processus. «La pandémie nous a appris que la théorie et la pratique sont souvent très éloignées», rappelle le parti qui va déposer deux motions en ce sens. 

Achat des F-35 au plus vite

Les deux partis souhaitent que l’achat des nouveaux avions de combat F-35 se fasse le plus vite possible. L’UDC s’en prend au passage au PS et attend qu’il retire son initiative populaire contre le F-35, «dans l’intérêt de la sécurité de la population», ce que le PS refuse (lire encadré). Le parti agrarien réclame que le Conseil fédéral équipe les avions de combat F/A-18 existants «afin que toute la flotte soit opérationnelle en tout temps».

L’UDC veut encore que le Conseil fédéral veille à ce que les bons offices de médiation de la Suisse restent une option ouverte et qu’il propose une conférence de paix sur sol helvétique neutre. L’UDC en profite pour réitérer sa demande de renoncer à une adhésion au Conseil de sécurité de l’ONU, une adhésion jugée incompatible avec la neutralité.

Enfin, elle s’inquiète de l’approvisionnement énergétique de la Suisse et demande au Conseil fédéral de nommer un responsable de l’électricité chargé d’élaborer, d’ici l’été, des variantes de solutions pour remédier à la situation.

La gauche sceptique

«Si le conflit ukrainien montre quelque chose, c’est à quel point les avions de combat ne peuvent rien faire pour se défendre et à quel point la diplomatie est importante», déclarait à nos collègues de «20 Minuten» la conseillère nationale verte Marionna Schlatter, disant que l’initiative anti-F-35 ne serait pas retirée. Pour la conseillère nationale PS Priska Seiler Graf, il est «tout simplement irrévérencieux» que l’on tire un capital politique de la situation en Ukraine. Si elle reconnaît que cela peut entraîner des changements dans la politique d’armement en Suisse, elle estime que poser cette exigence si peu de temps après le début de la guerre n’est pas sérieux.

(cht)

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